Repenser nos liturgies et l’utilisation des églises

N.D.L.R. Voici un extrait du numéro 36, Octobre 2016, du Bulletin du Réseau des Forums André-Naud. C’est un texte extrait de la section Vie du réseau.

nanterre.jpg - http://nanterre.paroisse.net/paroisses/sainte-genevieve/celebrer-la-messeDans une lettre récente au cardinal Ouellet, le pape François signale, entre autres choses, le besoin de « trouver de nouvelles formes d’organisations et de célébrations de la foi ». Cela comprend des initiatives et des modèles variés, petits et grands. Je voudrais ici évoquer quelques modifications qu’on pourrait faire dans notre liturgie et dans l’utilisation de nos églises.

Je suis très souvent surpris de ce que je lis ou entends lors de nos célébrations liturgiques. Je me demande si les gens prêtent vraiment attention aux textes utilisés dans nos assemblées liturgiques : textes des Écritures, canon de la messe, hymnes, chants. Je pense, par ailleurs, que certains participants occasionnels en sont fortement surpris. Personnellement, je suis moi-même souvent scandalisé. Il me semble que l’on pourrait facilement changer certaines choses : une phrase d’un chant ou d’un hymne, voire un mot d’une prière officielle.

Je crois, en effet. que nos communautés chrétiennes pourraient prendre diverses libertés. Surtout dans la perspective des changements que le pape François a indiquée. Liberté par rapport aux textes proposés pour retrouver une théologie plus saine, une plus juste anthropologie, une meilleure compréhension des Écritures et un enrichissement plus grand pour chacun et chacune. Voici donc certaines suggestions.

  1. Chants
    Je commence par les chants, qui vivifient tellement nos célébrations et dont je trouve les paroles la plupart du temps très belles, poétiques, inspirantes.

    • Minuit ! Chrétien
      Dans ce chant, il y a deux lignes absolument inacceptables. Comment parler du courroux de Dieu contre l’humanité. Proposition :

      Minuit! Chrétiens, c’est l’heure solennelle
      Où l’homme Dieu descendit jusqu’à nous
      Pour annoncer une bonne nouvelle
      Et de son Père révéler tout l’amour.
      Le monde entier…
      Refrain: Peuple debout… ou Peuple de Dieu, reçois ta délivrance

      On trouve d’autres formulations, par exemple sur Internet, celle attribuée à Renaat Van Hove (1990) qui propose une réécriture complète du cantique. Elle dérouterait cependant davantage à cause de la multitude de changements.

    • Venez divin Messie
      On peut facilement trouver dans les cahiers liturgiques ou sur Google des mots différents. Il faut en changer quelques-uns. Et éviter encore de parler du « courroux » de Dieu dans le deuxième couplet.

      Venez divin Messie
      Nous rendre espoir et nous sauver.
      Vous êtes source de Vie
      Venez, venez, venez !
      Ah ! Descendez, hâtez vos pas ;
      Sauvez les hommes du trépas,
      Secourez-nous, ne tardez pas.
      Redites-nous encore ……………. au lieu de « Dans une peine extrême De quel amour vous nous aimez… »
      au lieu de « Gémissent nos cœurs affligés »
      Venez Bonté Suprême, Venez, venez, venez !

    • Gloria
      Il y a un autre chant où l’on fait parfois des changements, qui pourraient être généralisés, afin qu’il soit plus inclusif. Gloire à Dieu au plus haut des cieux, Paix sur la terre aux peuples qu’il aime ….ou… aux amis de Dieu plutôt que « aux hommes ».
  2. Prières
    Il y aurait aussi quelques phrases à changer dans nos prières même les plus officielles. À commencer par le Notre Père.

    • Notre Père
      Malgré la respectabilité du texte, il y aurait quelques mots à changer dans la seconde partie de la prière.

      Et ne nous laisse pas succomber à la tentation…
      au lieu de
      «Et ne nous induisez pas en tentation» ou «Et ne nous soumets pas à la tentation»
      ou « Et ne nous laisse pas entrer en tentation »

      Le changement à l’avant-dernière phrase s’impose. On ne peut absolument pas dire: « Ne nous induisez point en tentation », selon la formulation de l’ancien Petit Catéchisme du Québec, ou depuis 1965-66 « et ne nous soumets pas à la tentation » selon la traduction dite œcuménique, même si cette formulation semble coller au texte évangélique (Mt 6, 9-13; Lc 11, 2-4), comme si c’était Dieu qui nous envoyait les tentations. C’est ce que le livre de Job dans l’Ancien testament suggère, mais il s’agit justement d’un conte ou d’une fable coulée dans la perspective de l’AT. On ne peut retenir cette formulation. Les tentations ne viennent pas de Dieu. «Dieu lui-même ne tente personne», affirme l’Épître de Jacques (Jc 1, 13). Les tentations viennent du monde qui nous entoure, de notre subconscient ou de nos propres pensées conscientes. On demande à Dieu la force de passer à travers. La formulation récente, discutée depuis 2013, qui devrait entrer bientôt dans le lectionnaire officiel « et ne nous laisse pas entrer en tentation » n’est guère mieux, malgré les explications torturées qu’on en donne. Et elle n’est pas facilement compréhensible. La formule que je retiens « Et ne nous laisse pas succomber à la tentation », belle, juste, compréhensible du premier coup, généralement employée jusque dans les années 1970, jouit d’ailleurs de l’autorité du Catéchisme de saint Concile de Trente (texte et traduction édités chez Desclée et cie, Paris-Tournai-Rome, en 1905) . On pourrait aussi faire un changement plus radical. Au moins en pensée, si on ne le fait pas de vive voix.

      Pardonne-nous nos offenses, comme tu nous demandes de pardonner septante fois 7 fois.
      au lieu de « comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».

      Ce dernier changement est moins évident puisque la formulation actuelle vient explicitement de l’Évangile. Mais, il est lui-même inspiré d’un autre texte évangélique (Mt 18, 22) et serait cependant beaucoup plus vrai théologiquement et plus réconfortant. Le pardon de Dieu n’est pas défini à aulne humaine: il est infini, inconditionnel.

    • Prières à Marie
      Concernant les prières mariales, on pourrait changer parfois l’expression « Vierge Mère » ou « Mère de Dieu », par Sainte Marie (comme dans l’Ave Maria) ou « Mère Marie » ou « Marie, mère de Jésus ». Cela nous ferait moins buter sur l’expression « vierge mère » et soulèverait des résonances nouvelles et riches en nous.
    • Autres
      Dans une para-liturgie, on nous a fait lire une prière commençant ainsi: « Dieu, père de miséricorde et mère de tendresse… » Quelle surprise, mais aussi quelle source de réflexion !
  3. Le texte de la messe
    Ici, j’ai des suggestions de divers ordres (grammatical, humanitaire, procédurale ou théologique). Les premières sont faciles à admettre et appliquer; les dernières plus importantes.

    • Des commentaires
      Il serait important, à mon avis, que le président d’assemblée ou un animateur fasse des commentaires de bienvenue et de transition entre les prières et les chants pour ménager les transitions. Si non, on passe d’une émotion à l’autre par sauts surprenants. Le Prions en Église pourrait lui-même comporter de tels textes, pour aider le prêtre pressé ou sans créativité. Voici quelques suggestions:

      • Faire un court commentaire de mise en situation avant l’acte pénitentiel. Si non, la célébration commence de manière bien négative et abrupte.
      • Faire un court commentaire de transition après l’acte pénitentiel du début et avant le Gloria pour signaler le changement de perspective ou de sentiment. Surtout lors des funérailles. Sinon, il y a un choc qui dérange.
      • Faire un court commentaire explicatif avant certaines lectures de la Bible (parfois signaler seulement le sens d’un mot) pour aider à comprendre, quitte à prolonger l’explication dans l’homélie. Un exemple récent: à la Pentecôte, on lit un texte de saint Paul qui dit: « Sous l’emprise de la chair, on ne peut plaire à Dieu »(Romains 8, 8). Or le mot « chair » pour Paul désigne, non pas le corps sexué ou sexuel auquel réfère la majorité des gens, mais l’ensemble de la personne humaine (corps et âme) coupée de Dieu et donc sujette aux passions de luxure, d’orgueil, de richesses, de pouvoir, etc. Le texte de Paul prend alors une tout autre dimension.
    • Des changements
      Mais, il y a plus, de nombreux changements seraient bienvenus et bénéfiques.

      • On peut facilement changer les mots masculins inclusifs pour dire explicitement « frères et sœurs », et « hommes et femmes ».
      • On devrait supprimer certaines strophes des psaumes qui parlent d’un Dieu guerrier ou d’un Dieu vengeur. D’un Dieu qui demande de tuer tous les ennemis.
      • On pourrait couper des hymnes trop longs (au langage souvent peu approprié), surtout quand ils sont chantés, même si la mélodie est belle. Y compris à la veillée pas-cale: vu la solennité de la fête, on s’attend à une célébration plus longue, mais il y a des limites pour les gens d’aujourd’hui et que la famille attend souvent à la maison.
      • On pourrait changer très souvent les mots « péché », « pécheur » à cause de leur charge émotive (mot mal compris théologiquement d’ailleurs) par d’autres comme « faute », « erreur » ou par « faiblesse », « fragilité »
      • Je trouve exceptionnellement vrai et beau d’entendre le prêtre chanter les paroles de la consécration et de nous y associer, manifestant ainsi explicitement que c’est toute l’assemblée des fidèles qui célèbre sous la présidence du prêtre.

        Quant le Seigneur se mit à table avec ses amis (bis)
        Il leur partagea le pain en leur disant
        Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous (bis)
        Quand le Seigneur se mit à table avec ses amis (bis)
        Il leur distribua le vin en leur disant
        Prenez et buvez, ceci est mon sang livré pour vous (bis)
        Nous célébrons ce grand mystère, ta mort sur la croix (bis)
        Nous chantons la joie de ta résurrection
        Et nous attendons le jour de ton retour glorieux (bis)

      • Au milieu de la prière eucharistique, après la consécration, quand on prie pour le pape, l’évêque du lieu, etc, je comprends que l’on dise « le pape François », mais quel fidèle comprend quand on dit seulement « notre évêque Paul » ou « notre évêque Christian », etc. Personne chez les fidèles n’appelle son évêque par son prénom ; souvent on ne le connaît même pas. Juste après, avant de prier pour les défunts, pour ne pas restreindre l’Église aux seules autorités, on pourrait prier pour tous les vivants, par exemple : « Prions pour tous les Chrétiens à travers le monde…  » ou « Prions pour tous ceux et celles à travers le monde qui cherchent Dieu ».
      • Au cours de la messe, on demande pardon à Dieu à trois moments. Il y en a sûrement un de trop. Difficile de choisir lequel. Mais j’ai entendu un prêtre changer les paroles précédant la communion, qui m’ont bien plu. Au lieu du traditionnel et humiliant « Seigneur, je ne suis pas digne de… », il a proclamé:

        Seigneur, je suis heureux de te recevoir
        Mais dis seulement une parole
        Et nous serons tous heureux….… ou … et nous serons tous raffermis

    • Autres changements plus radicaux
      On peut élargir les changements de manière encore plus large, de manière à être plus bénéfique pour les assemblées actuelles.

      • Au lieu de certains récits de l’Ancien Testament ou de certains psaumes et certains hymnes peu adaptés, ne pourrait-on pas trouver des textes plus vrais, y compris des textes de théologiens anciens, de saints ou saintes connus, ou encore d’auteurs contemporains. On serait attentif à, par exemple à un texte de Jean-de-la-Croix, de Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, de Mère Theresa ou de Martin Luther King. Ou encore d’un poète contemporain. Voire d’un auteur québécois.
      • Dans l’homélie, je ne trouve pas toujours nécessaire de faire un lien (parfois d’ailleurs un peu artificiel) entre les trois lectures. Mieux vaut essayer d’expliquer le sens des textes, ceux de l’Ancien Testament étant souvent « déroutants ».
      • Plus généralement, j’aimerais bien que parfois au lieu de l’homélie, on fasse une sorte de catéchèse aux adultes sur Dieu ou le Christ, les miracles, un sacrement, la morale chrétienne, la distinction entre morale et droit. Quitte même à supprimer une lecture ou deux pour avoir un peu plus de temps. Ce serait plus fécond qu’une soirée spéciale sur les mêmes sujets, qui rejoindraient évidemment moins de monde. On pourrait même, à l’occasion, pourquoi pas, remplacer la première partie de la messe par ce type de catéchèse, et garder la seconde partie ou simplement la communion (comme le Vendredi Saint où il y a une liturgie avec communion mais sans messe).

      Une bien triste expérience que j’ai vécue dernièrement. C’était le 3e dimanche ordinaire. À propos, savez-vous ce que les gens comprennent de ce mot « ordinaire » ?. C’était une messe en l’honneur du 10e anniversaire de la mort d’un homme très connu et très impliqué dans la municipalité. Il y avait une cinquantaine de personnes de plus que les dimanches réguliers : plusieurs membres de sa famille: enfants et petits-enfants (d’âge adolescent). Une très courte parole de bienvenue officielle fut faite, et puis … hop ! le rite pénitentiel, et… re-hop le chant Gloire à Dieu. Deux adolescentes ont fait les lectures… sans parler vraiment dans le micro. Les trois lectures portaient sur le péché : heureusement que l’Évangile parlait de Marie-Madeleine et de l’attitude de Jésus. Mais quel climat ! À la fin, au lieu de me rebeller, j’avais les larmes aux yeux. Quelle occasion manquée ! Quelle Église coupée du monde ordinaire ! Pourquoi ne pourrait-on pas parfois choisir un autre Office ?

  4. Acoustique
    Dans un autre ordre d’idée, il faudrait être extrêmement attentif au fonctionnement des micros et à la qualité de la proclamation des lectures. Les églises sont vastes, beaucoup de participants âgés sont durs d’oreilles. Ce serait pourtant facile de dire aux lecteurs de se familiariser d’avance avec le texte qu’ils vont proclamer et d’être attentifs à l’emplacement du micro. Sinon, un responsable déjà dans le chœur peut facilement aller le placer. Cela est encore plus important dans les célébrations occasionnelles, comme les mariages et les funérailles où l’assistance est peu familière avec les textes liturgiques ou le lecteur d’un témoignage peu habitué à parler au micro (directement dans le micro).
  5. Utilisation de l’église
    On pourrait faire servir l’église à d’autres activités que la liturgie. Déjà beaucoup d’églises offrent des concerts et des conférences. On pourrait faire davantage, me semble-t-il.

    • Il y a quelques années, des citoyens notoirement athées (ou leur famille) ont de-mandé de faire une cérémonie de funérailles dans une église. Certains Chrétiens ont crié à la profanation, mais pourquoi donc ? Si un non-croyant veut donner une dimension spirituelle à son départ, pourquoi refuserions-nous ? Cela peut aussi offrir au prêtre ou à un autre croyant l’occasion de dire un mot sur la foi ou la spiritualité. Déjà plusieurs constatent comment des funérailles chrétiennes (avec messe) sont des occasions privilégiées pour rejoindre des gens qui ne viennent jamais à l’église et les amener à réfléchir sur le sens de la vie.
    • Pourquoi pas des mariages civils ? Si un couple le demande, exprimant ainsi son désir de donner une certaine note spirituelle à son union, pourquoi pas? Pour éviter les mauvaises interprétations ou « le scandale des faibles », il suffit de bien dire qu’il s’agit d’un mariage civil et que le prêtre n’est pas l’officier (même si celui-ci intervient à un moment ou l’autre pour donner une touche spirituelle). On ne fera pas d’inscription dans le registre religieux non plus évidemment. L’engagement civil présente, en effet, beaucoup de valeurs, de même que le contexte spirituel.
    • Et des funérailles à l’église pour des personnes qui ont demandé l’aide médicale à mourir. Je pense que l’archevêque de Montréal et le cardinal de Québec en affirmant que, même s’ils privilégient nettement les soins palliatifs, ils ne s’opposeront pas à de telles funérailles, s’inscrivent vraiment dans la ligne de l’Évangile. Les funérailles « servent à prier pour quelqu’un, affirme Mgr Lépine, et non pas à porter un jugement de valeur ». L’Église offre d’ailleurs depuis longtemps les funérailles aux personnes qui se suicident, ajoute-t-il. Les évêques qui refusent les funérailles aux malades qui choisissent l’aide médicale à mourir ignorent ce qu’est la souffrance, dénonce Gille Fontaine, aumônier d’hôpitaux à la retraite. « Faire ça, c’est ajouter de la souffrance à la souffrance. Les gens ont assez d’avoir perdu quelqu’un sans qu’on ne les pénalisent ». « C’est imprévisible comment on va réagir dans la maladie, donc vaut mieux être accueillant et compréhensif ». (Le Journal de Montréal, 30 sept. 2016; idem dans le Devoir).
    • Dernièrement, une paroisse de Chicoutimi a organisé une fête de l’Amour à l’adresse de tout couple « qui désire célébrer son amour et renouveler son engagement à deux » quel que soit son type d’engagement (mariage catholique, mariage civil, conjoints de fait, couple homosexuel). L’initiative a suscité l’irritation de plusieurs fidèles, y compris au niveau international. Mais pourquoi donc, encore une fois? Jésus à fait pire: il a fréquenté des prostituées et des voleurs aux yeux de ses contemporains !

On pourrait allonger la liste des changements à apporter, des initiatives nouvelles à pren-dre. Je reprends la phrase du pape François au cardinal Ouellet sur le besoin de « trouver de nouvelles formes d’organisations et de célébrations de la foi ». Je pourrais reprendre d’autres invitations du pape à ouvrir la mission de l’Église, à aller au-devant des gens par-tout où ils se trouvent. Ainsi cet extrait d’entrevue du pape à un journaliste italien: «Il ne suffit pas d’ouvrir les portes, il faut donc sortir dans la rue, à ses risques et périls. […] Au lieu d’être seulement une Église qui accueille et qui reçoit, efforçons-nous d’être une Église capable de sortir d’elle-même et d’aller vers les hommes et les femmes qui ne la fréquentent pas, qui ne la connaissent pas, qui se sont éloignés, qui sont indifférents. » (L’Église que j’espère, Flammarion/Études, p 95 et 98). À nous d’accueillir les gens au rythme de leur cheminement religieux ou spirituel et de nous répéter une autre parole du pape : « Qui suis-je pour juger ? ». Il s’agit d’une nouvelle vision de la pastorale, une pastorale des petits pas, une pastorale circonstancielle. À l’exemple de Jésus qui accueillit les gens, en toutes occasions, sans discrimination.

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