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Table ronde : Le revenu minimum garanti : une mesure de lutte contre la pauvreté ?

Revue RelationsLe gouvernement du Québec semble vouloir mettre en œuvre un revenu minimum garanti en confiant ce dossier au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais. Mais cette mesure servira-t-elle vraiment à lutter contre la pauvreté ? Il convient de clarifier certaines zones d’ombre à ce sujet :

  • Quelles différences y a-t-il entre revenu de base universel et revenu minimum garanti ?
  • Est-ce que ce type de mesure servira à justifier des coupes importantes dans les programmes sociaux, alimentant par le fait même le recours au secteur privé ?
  • Quelles conséquences peut-il avoir sur le marché du travail, la société et l’économie ?

AVEC :

  • Eve-Lyne Couturier, chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS);
  • Marie-Pierre Boucher, professeure, Département de relations industrielles, Université du Québec en Outaouais (intervention par Skype);
  • Serge Petitclerc, analyste politique et porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Aussi à Québec:

Le mardi 27 septembre 2016, de 19 h à 21 h 30
Centre culturel et environnemental Frédéric-Back
870, avenue de Salaberry, salle 322-324
Tél. : 418-524-2744
AVEC :

  • Eve-Lyne Couturier, chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS);
  • Sylvie Morel, professeure, Département des relations industrielles, Université Laval ;
  • Serge Petitclerc, analyste politique et porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

La stratégie du choc

Lectures

Kleim

Dans la foulée de la l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium de François, voici une suggestion de lecture qui traite des abus de l’ultralibéralisme. Le texte qui suit est extrait de la note de l’éditeur.
Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le magazine Harper’s. En 2004, elle a réalisé un film documentaire, The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.

Titre: La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre
Autres titres: The shock doctrine : the rise of disaster capitalism. Français.
Auteur: Naomi Klein
Année de publication: 2008
Maison d’édition: Montréal : Leméac [Arles] : Actes Sud
Sujets: Libre entreprise; Crises financières; Capitalisme; Catastrophes; Pouvoir économique; Relations économiques internationales; Politique mondiale — 21e siècle
ISBN: 9782742775446 9782760927179
Format: 669 p.
Type d’ouvrage: Livre
Prix approximatif: 22,95 $

 

Bienveillante Hélène

Bienveillante Hélène

Celle qui ne s’est jamais imposée par sa grandeur physique mais qui a toujours séduit son entourage par la hauteur, la largeur et la profondeur de son cœur vient de nous quitter. Le cancer l’a obligée à dénouer son tablier de service : elle est décédée samedi le 23 août à 18h55 dans la section des soins palliatifs d’un hôpital du Cap-de-la-Madeleine… décédée alors qu’au téléphone « je parlais d’elle » avec Michel Gauvreau qui revenait de la visiter à l’hôpital avec Ugo et qui me donnait des « nouvelles ».

Hélène Bournival était présente à la première assemblée générale du Forum André-Naud (congrès de fondation) le 18 octobre 2006 et par la suite, avec les moyens du bord (papier, ciseau, colle, règle, photocopieur…), elle a épaulé Claude Lefebvre à construire  et publier les premiers numéros du Bulletin du Forum. Dès que le Forum André-Naud s’est donné une  Constitution et une organisation québécoise, Hélène a accepté d’en être la registraire (une lourde tâche) et de participer aux réunions de l’équipe nationale. À toutes les assemblées générales à la Maison de la Madone à Trois-Rivières, tantôt appuyée par Rachel, Denis… elle accueillait les participantes et participants et enregistrait leur inscription officiellement. Toujours disponible! Toujours pleine d’humour et d’attention.

Hélène avait un parti pris au quotidien : les petit(e)s, les pauvres, les négligé(e)s, les oublié(e)s de la société qu’elle a servis sans relâche autant dans les quartiers populaires de Montréal avec les Petites Sœurs de l’Assomption qu’au Centre de détention Parthenais. Elle a été très impliquée avec les Fils de la Charité dans la communauté chrétienne de St-Étienne du quartier montréalais de la Petite Patrie. Un parti pris inspiré par l’Évangile.

Infirmière de formation, excellente cuisinière, bonne raquetteuse, organisatrice débrouillarde, habile couturière… toutes ces dimensions de sa personnalité lui ont permis de faire grandir l’autre, c’est-à-dire celui ou celle qui se présente sans nécessairement s’annoncer. Ça frappait à sa porte : elle ouvrait, accueillait, écoutait; comme LUI, elle dressait la table et partageait le pain qu’elle avait… avec son sourire coquin; rehaussé, nourri de tendresse et d’espérance, l’autre reprenait son chemin. Hélène : la bienveillance sur deux pattes!

Merci à toi, Hélène, pour ta vie qui a pénétré la nôtre.

André Gadbois, coordonnateur
pour le Réseau des Forums André-Naud

On fait chantier à Rome

Dès son élection comme évêque de Rome, le 13 mars 2013, François s’applique à entretenir, mieux encore, à faire fructifier l’Évangile à travers la transformation du territoire romain. La Curie sera bientôt réformée; les finances du Vatican sont assainies et rendues plus transparentes; les fidèles participeront aux synodes; l’Église sort d’elle-même; le rapport avec les médias est chaleureux; les pauvres sont les premiers servis; le décorum romain passe à l’épluchette; le pape parle librement et improvise souvent, etc.  Bref, on fait chantier à Rome.

La Ville est devenue un vivier de nouveautés, mais il y a des limites. Car François reste fidèle au Catéchisme de l’Église catholique : on ne le devine pas, il le dit. C’est pourquoi son discours ouvert connaît parfois des virevoltes, des oui mais qui peuvent agacer. Mais il est inconcevable que la vaste consultation sur la morale, qu’il lance auprès de tous les fidèles en préparation du synode extraordinaire de 2014, soit une consultation bidon. Car il s’agit bien, pour François, d’entendre le peuple de Dieu. Il pose les questions d’un homme qui veut apprendre. Elles ne commencent donc pas par : « Vous ne pensez pas que… ? »

Qu’importe le fond conservateur de François, c’est sa part de nouveautés qu’il faut saluer et, mieux encore, mettre à profit dans nos Églises locales. Car il y a risque, en voyant les innovations du pape, de battre simplement des mains au lieu de mettre celles-ci à la besogne. De fait, quel changement avons-nous fait dans nos diocèses depuis que le diocèse de Rome a un nouvel évêque? Qu’est-ce qu’il y a de changé dans nos territoires qui soit en phase avec la « métamorphose » de Rome?

Sans nous prendre pour François, ne pourrions-nous pas nous mettre à son heure?

Il met les pauvres au cœur de sa mission : quelle Église chez nous fait de même? Quelles solidarités avons-nous tissées avec eux? Je connais une communauté qui, pour être en phase avec François, accueille, depuis son élection comme évêque de Rome, des drogués et des alcooliques au sortir d’une cure de désintoxication, sans exclure d’autres pauvres de tous horizons.

François exhorte l’Église à sortir d’elle-même pour aller jusqu’à la périphérie du monde : quelle Église est en train de quitter le terrain de la Fabrique pour aller dans les rues et les médias?  Bien plus, est-ce qu’on ne fait pas exactement le mouvement contraire dans ces diocèses qui ferment des sous-sols d’églises à des garderies et des presbytères à des services sociaux? Dans d’autres diocèses, est-ce qu’on n’ouvre pas, sur le modèle de celles qu’on a connues au temps de la chrétienté, une maison pour accueillir des jeunes en quête de sécurité?

Le plus difficile n’est pas tant de faire passer la nouveauté du message de François que de parvenir à ce qu’elle demeure. Car il ne s’agit pas uniquement de la transmettre, il faut l’imprimer durablement dans nos Églises locales, ce qu’il est urgent de faire. Sinon, François disparu, l’Église reviendra aux années d’autrefois.

On trouvera toujours mille raisons de remettre à demain son devoir d’être en phase avec le François novateur : des risques de dérapages, les résistances, la peur de l’inconnu, le peu d’énergie disponible, surtout l’âge avancé des fidèles et des prêtres. À quoi bon repeindre la maison quand les professionnels de la maison funéraire sont sur le perron? Pourtant François a bien 76 ans….