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Situation et orientations de l’Église de Québec

Le Parvis vous invite à:«Une rencontre-échange avec Mgr Marc Pelchat»

Monseigneur Pelchat

Monseigneur Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, rappellera les principaux défis de l’Église de Québec tels qu’exposés au pape François le printemps dernier.

Il présentera les grandes orientations retenues par le diocèse pour les prochaines années.

 

 

 

Une période de questions suivra son exposé.

On vous attend, le 14 mars 2018 à 19h30
Au sous-sol du Montmartre, 1669 Chemin St-Louis, Sillery

Contribution suggérée : 5$ pour payer la location de la salle.

Information : 418-871-3142

Conférence- échange 5 ans déjà !

François, un pasteur qui dérange l’Église, un prophète qui interpelle l’humanité
Frédéric Barriaul
Conférencier
Frédéric Barriault
historien

Le 13 mars prochain marquera le 5e anniversaire de l’élection de François comme évêque de Rome et rassembleur de toute l’Église dans la charité. C’est ainsi qu’il se voit et qu’il pose des gestes concrets de solidarité et de miséricorde qui continuent d’étonner le monde entier.

Ses choix personnels de simplicité de vie, de proximité avec les appauvris, sa contestation vigoureuse du cléricalisme dérangent ceux qui s’attachent à un régime de privilèges et de pouvoir. Ses dénonciations de l’exploitation de la planète autant que des humains, des pratiques financières frauduleuses et du système capitaliste, ainsi que de l’exclusion sous toutes ses formes lui attirent les foudres de plusieurs.

Les adversaires de François ne se gênent pas pour le décrier publiquement. Nous avons choisi de lui manifester notre appui. Pas dans un geste de « papolâtrie » : nous pouvons certes souhaiter qu’il aille encore plus loin dans certaines réformes. Mais ce qu’il dit et fait a déjà suffisamment d’impact pour l’Église et pour l’humanité que ça nous paraît mériter un Bravo et un Merci, suivis d’un engagement à agir de façon cohérente, comme il le fait lui-même.

Si pour vous aussi les interventions de cet homme éveillent admiration et désir de le soutenir, nous vous invitons à signer et faire signer largement la « carte d’anniversaire » ci-jointe (que vous imprimez recto-verso) et de nous la retourner (n’hésitez pas à la plier dans une enveloppe régulière). Nous lui ferons parvenir ce bouquet de prières – tel qu’il ne cesse de nous le demander.

Nous vous invitons également à venir participer à la Conférence-échanges le soir du 13 mars.

Contribution volondaire.

5 ans de pontificat pour François : le bilan du RFAN

Le Réseau des Forums André-Naud aborde le pontificat de François selon deux perspectives : l’approche pastorale et la vie institutionnelle. Le Pape a été particulièrement efficace en gestes autant qu’en discours par son approche pastorale ouverte. Il a été sensible aux plus démunis et aux laissés pour contre. Il a été ferme sur la question des migrants. Sa position sur l’environnement lors de la publication de Laudato Si a été saluée unanimement. Ses interventions sur l’économie sont pertinentes. Enfin, il a posé des gestes concrets en faveur de l’Œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Son bilan sur la scène institutionnelle est plus en demi-teintes. Le statut de la femme et le sort réservé aux homosexuels n’a pas changé. La gestion de la question des agressions sur les enfants manque souvent de transparence. Sur l’annulation des mariages, François aurait pu aller plus loin. Par contre, les réformes administratives au Vatican semblent porter fruit.

L’approche pastorale

L’approche pastorale du pape est très positive, notamment dans les médias. François a été particulièrement efficace avec sa proposition d’un évangile radical. Il s’approche spirituellement et physiquement tant des petits que des grands, des souffrants ou des mal-aimées. Il touche, prend dans ses bras tous ceux qui l’approchent. Il recherche la proximité des gens simples.

Il affiche une liberté de ton dans ses commentaires sur l’actualité. Il est un homme de paix : il dénonce les guerres et ses horreurs. Il est simple. Il témoigne d’un réel engagement auprès des pauvres en paroles et en actions.

Il revendique une économie éthique. Une économie au service de l’être humain. Dans Evangelii gaudium, il dit : « Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. », pavant ainsi la voie vers un monde meilleur.

Il est allé à la rencontre des migrants et des réfugiés. Il réprouve l’intolérance et il dénonce la pauvreté des moyens mis en œuvre pour soutenir leurs conditions de vie.

Dans son encyclique Laudato Si’, il est question de la dégradation de l’environnement qui ne peut que mener à la dégradation de la vie humaine et sociale. Il demande au monde entier de prendre soin de cette Mère Terre que Dieu nous a confiée. Nous devons changer notre manière de penser l’environnement mais surtout notre manière de vivre. Cette encyclique a été reçue avec surprise et accueillie très positivement par ceux et celles qui ont le souci de l’environnement, qu’ils soient croyantes, croyants ou non.

L’œcuménisme et le dialogue interreligieux de François sont salués. Un évêque a dit un jour : « La religion est une manière culturelle de dire sa foi ». La position de François va dans ce sens et c’est bien. Le Pape s’est rendu en Suède pour commémorer le 500e anniversaire de la Réforme avec l’Église luthérienne. Il s’est rendu en Égypte pour renouer le dialogue avec l’Islam.

La vie institutionnelle

Les réformes administratives et financières du Vatican sont saluées et appréciées. Les mesures prises pour arrêter le blanchiment d’argent du crime organisé vont dans le sens de la justice et de l’honnêteté.

Le Synode sur la famille de 2014 a mis en évidence les forces rétrogrades qui agissent à l’intérieur de l’Église et qui bloquent les changements qu’un Pape pourrait souhaiter apporter sur un grand nombre de questions éthiques. L’approche de l’église institutionnelle entrave des changements profonds plus compatibles avec l’Évangile, des changements que souhaitent aussi de nombreuses chrétiennes et chrétiens.

Ainsi, l’Église continue à ne pas vraiment faire une place aux femmes dans son Église. Pourtant, bien des femmes ont une « approche pastorale » souvent meilleure que celle des prêtres. Certaines femmes auraient aimé être prêtres et elles auraient été très efficaces. La complémentarité hommes-femmes ne peut se manifester si la femme n’a pas la même place, la même importance que l’homme dans l’Église. La femme n’est plus au service de l’homme. François a dit : « Il est nécessaire que la voix de la femme ait un poids réel, une autorité reconnue dans la société et dans l’Église ». Malgré ces bons mots, il y a quelque chose qui ne va pas ! Le réseau des Forums André-Naud estime que le pape devrait faire preuve de plus d’audace dans la promotion d’une réelle égalité « hommes femmes » dans l’Église qui éliminerait toute discrimination envers la femme !

François a hérité d’une situation, les agressions sexuelles, qui mine la crédibilité de l’Église depuis plus de trente ans. Mais, le pape ne semble allez assez loin dans la protection des enfants face aux prêtres pédophiles. On ignore ce qu’il est advenu des prêtres qui ont déjà abusé des enfants. Ces abuseurs sont des criminels et ils devraient être jugés comme tels.

Les homosexuelles et les homosexuels souffrent de ne pas être acceptés inconditionnellement. Elles, ils n’ont pas voulu cette orientation sexuelle mais doivent la vivre. Or, l’Église se cantonne à la lettre de son catéchisme. Rien n’a changé. Pourtant, les homosexuelles et les homosexuels ont le droit, eux aussi, au bonheur partagé malgré leur différence !

La simplification des procédures concernant la déclaration de nullité du mariage est positive. Le mariage doit être vécu « pour le meilleur et pour le pire (chômage, maladie etc.) ». Le meilleur doit être vécu ensemble et le pire aussi doit être vécu ensemble. Mais quand le pire est l’autre, quand il n’y a plus de meilleur, le mariage n’a plus à être valide. Il y a des personnes qui sont emprisonnées dans une relation souffrante. Or le mariage ne doit pas être une prison. L’Église devrait aller plus loin dans cette réflexion et dans la simplification des procédures quand rien ne va plus.

La pastorale « médiatique » de François est très positive. Il est un bon pasteur. Par contre, les changements institutionnels suscitent certaine déception mais l’attitude de François nourrit l’espoir, qu’avec le temps, l’Église corrige ses visions. François ne changera par toutes les règles. Il manque de temps. Cependant, la réflexion doit continuer. Le Pape n’est pas, à lui seul, l’Église. Nous sommes des millions et nous ne pensons pas tous la même chose. François lui-même tente de mettre en valeur cette diversité d’opinions en demandant aux évêques de réfléchir à partir des situations concrètes des familles, chacun dans son milieu culturel.

Dans le journal La Croix de Mars 2017, Éric-Emmanuel Schmitt écrivait de François :

« Par la lumière spirituelle qu’il dégage, il incarne les idéaux de Jésus, tourné vers les autres, attentif, compassionnel, dénonçant les fausses valeurs, la puissance, l’égoïsme, l’argent roi, le profit forcené aux dépens de la Terre et des hommes, la gloutonnerie capitalistique. D’un côté, il réprouve la pauvreté provoquée comme un scandale; de l’autre, il revendique la pauvreté comme une vertu, le goût du dénuement et du retour à l’essentiel. »

Le réseau des Forums André Naud partage cette opinion.

Le pape François, avant et après

Lorsque le cardinal argentin Bergoglio se présente à Rome, en février 2013, pour participer à l’élection du successeur de Benoît XVI, il ne se doutait pas une seconde qu’il allait être l’élu. Il avait en poche un billet d’avion pour retourner dans son pays et une place réservée dans une maison de retraite.Mais dans les minutes qui ont suivi son élection, on comprend sans l’ombre d’un doute que Bergoglio devenu le pape François représente un sacré coup de vent au Vatican, cette institution deux fois millénaire et coincée dans ses lourdes traditions.Même les cardinaux qui ont voté pour lui au moment du conclave vont être surpris par la rapidité, la profondeur et l’ampleur des changements que François propose. Certains diront François le révolutionnaire. D’autres publiquement dénonceront ce pape hérétique. François est immensément populaire… à l’extérieur de l’Église. Et pourtant, à l’intérieur, il semble bien isolé. François parmi les loups.

Conférencier invitéAlain Crevier, journaliste et animateur de télévision et de radio québécoise, Depuis 1995, il anime à la télévision de Radio-Canada l’émission Second regard, un programme hebdomadaire traitant des religions, de la quête de sens et de la spiritualité dans le monde