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François inaugure le 500e anniversaire de la réforme Luthérienne

Oecuménisme À la grande surprise de la Fédération luthérienne mondiale, le pape catholique François a répondu à son invitation de se rendre en Suède le 31 octobre 2016 pour inaugurer l’année du 500e anniversaire de la réforme Luthérienne. C’est la deuxième visite d’un pape en cinq siècles en Suède après celle de Jean-Paul II en 1989. La visite a commencé à Lund, le 31 octobre, date à laquelle le moine Martin Luther affichait ses 95 thèses sur la porte de l’église du château de Wittenberg (Saxe). Cette année, les efforts œcuméniques de François ont porté tant du côté des Protestants que de celui des Catholiques Orthodoxes. Par ailleurs, la Jeunesse étudiante chrétienne française rappelle qu’il reste beaucoup à faire à l’échelle des fidèles.

Porté par la Renaissance et scandalisé par la commercialisation des indulgences, le moine augustin Luther, constatant la décadence de l’Église, demande à débattre de plusieurs questions théologiques. Alimentés par la diffusion de la bible grâce à l’imprimerie de Gutenberg en 1450 et par des frasques sexuelle de papes particulièrement imaginatifs en la matière, les écrits de Luther devinrent vite populaires. Les fidèles constatèrent les écarts d’interprétation que faisait l’Église des Évangiles. D’autres réformes « protestantes » se sont ajoutées par la suite : Calviniste, Anglicane, etc. Profitant de la faiblesse de l’Église François 1er, roi de France, conclue de sont côté le Concordat de Bologne en 1516 qui accordera au roi la gestion de l’Église en France laissant au Pape les questions doctrinales. Ce sera le gallicanisme. L’Église catholique ripostera par une contre réforme que définira le Concile de Trente et qui se termine en 1563. Réformes et contre-réforme provoqueront des guerres de religion dont un des temps forts sera le massacre des Protestants le jour de la Saint-Barthélemy à Paris en 1572. Cette année-là, la chasse aux Huguenots fera plus de 10 000 morts. L’Édit de Nantes, proclamé en 1598, temporisera.

Aujourd’hui, la Suède se sécularise. La confession Luthérienne, avec 6,5 millions de fidèles perd des membres alors que les Catholiques, 115 000 fidèles, en gagnent grâce à l’immigration en provenance notamment du Moyen-Orient. Lena Sjöstrand, pasteure constate une volonté de rapprochement entre Chrétiens suédois, mais, dit-elle, « La place des femmes dans l’Église et le célibat figurent parmi les points qui nous séparent encore. Et puis le fait de ne pas pouvoir célébrer l’eucharistie ensemble reste douloureux ». Le Révérend Martin Junge, Secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, a confié pour sa part dans une entrevue accordée à cath.ch  qu’il « y a trois grands obstacles à l’unité : la compréhension du ministère, celle de l’Église et enfin celle de l’Eucharistie. Ne pas pouvoir s’approcher de la table ensemble est la fracture la plus visible. Même si nous n’avons pas encore de solution, nous avons clairement inscrit cet objectif dans notre déclaration commune. »

Mais, toujours selon Martin Junge, il y a plus de chose en commun entre Chrétiens que de facteurs de division. Selon lui, la démarche œcuménique donne des fruits comme la signature d’une collaboration entre Caritas Internationalis et World Service ( l’organisme luthérien de charité). D’autres gestes de rapprochements ont été posés comme la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification en 1999 et en 2013, le rapport Du conflit à la communion.

Depuis Vatican II, l’Église Catholique a intensifié une démarche œcuménique et François a été particulièrement actif au cours de l’année 2016 riche en rencontres avec les autres Églises, notamment avec le patriarche Kirill de Moscou à Cuba ou avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée.

Les démarches œcuméniques entreprises avec l’Église orthodoxe sont plus laborieuses. La chute du rideau de fer dans les années 1980 a refroidi les ardeurs des Églises d’Europe de l’Est qui s’étaient pourtant montrées empressées lorsqu’au début des années 1960. « Le patriarche Athénagoras lançait le processus conciliaire dans un contexte d’ouverture et de rapprochement avec Rome, l’œcuménisme avait le vent en poupe chez les orthodoxes. » comme le soulignait Hyacinthe Destivelle, dominicain spécialiste de l’œcuménisme et membre du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens au Vatican au journal La Croix. Pour certains évêques orthodoxes, le dialogue en soi est une « hérésie ».

Les Catholiques romains se sont séparés des catholiques orthodoxes lors du Grand schisme d’Orient en 1054.  Les motifs de discorde étaient la reconnaissance du Pape comme chef de la Chrétienté, une question théologique et des différends liturgiques et disciplinaires. La question théologique était la présence « et du Fils » dans « Je crois en l’Esprit-Saint qui procède du Père et du Fils » dans le Credo. Les questions liturgiques étaient, par exemple, le jeûne du samedi ou la suppression de l’Alléluia en carême que ne pratiquaient pas les Orthodoxes. Quant aux questions disciplinaires, il y avaient notamment le mariage des prêtres. En 1054, le schisme a été consommé lorsque le Pape a excommunié le patriarche de Constantinople et que ce dernier a promulgué un édit condamnant les légats du Pape.

Pourtant, le pape François rappelle à qui veux l’entendre que ce qu’il qualifie « l’œcuménisme du sang » est celui des ennemis du Christianisme qui n’hésitent pas à déporter, à torturer et à massacrer sans faire de différences entres Protestants et Catholiques, entre Luthériens et Catholique Orthodoxes : pour eux, ce sont tous des Chrétiens.

Les Papous n’ont pas attendus eux. Catholiques à 27 % et Protestants à 69 %, les Églises chrétiennes se se sont réunies dernièrement pour déterminer un plan d’action contre la chasse aux sorciers, toujours pratiquée dans le pays. C’est d’ailleurs, entre autres, cet esprit qu’a voulu saluer le Pape en annonçant la nomination du Papou John Ribat au titre de Cardinal le 19 novembre 2016.

Pour la Jeunesse étudiante chrétienne de France, il reste beaucoup à faire. D’abord, il faut distinguer œcuménisme et dialogue inter-religieux. Le premier concerne les Chrétiens. Le deuxième concerne les relations entre les religions. Elle souhaite plus de contacts avec les autres religions à l’échelle des fidèles. Ainsi, elle propose le partage du temple avec les Protestants et les Musulmans par l’aménagement des horaires. Ce serait une façon de concrétiser ce rapprochement. Elles proposent aussi la célébration d’offices inter-religieux sur une base régulière. Après tout, dans nos sociétés sécularisées et pluralistes, avons-nous vraiment le choix de faire autrement ?

Colloque – FMTL MONTRÉAL 2016

Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible


Le FMTL est un espace œcuménique, dialogal et pluriel visant à stimuler la création de spiritualités et de théologies contextuelles à perspective libératrice à propos d’enjeux cruciaux de notre temps. Pour sa 7è édition, ce prochain FMTL se tiendra à Montréal du 8 au 13 août 2016. C’est la première fois que le FMTL se déroulera dans l’Hémisphère Nord. Cette édition est organisé par le Réseau œcuménique Justice, écologie et paix (ROJEP), par un Comité élargi de membres de divers organismes québécois, et par le Secrétariat général du FMTL établi à Porto Alegre (Brésil), lieu du premier FMTL tenu en 2005.

S’inscrivant dans le Forum social mondial, le FMTL en partage le même thème : « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible ». Il le déclinera en huit axes qui constituent des points de repères pour vos contributions :

  1. Les Autochtones, entre marginalisation et retour en force ;
  2. Le défi de l’espérance face à la crise écologique ;
  3. Lutte contre la militarisation et construction de la paix ;
  4. Terres, territoires, dépossessions et mobilisations ;
  5. Migrations, pluralisme, constructions identitaires et dialogue interreligieux ;
  6. Le féminisme, la question du genre et l’intersectionnalité des oppressions ;
  7. Économie et dépassement de l’homo economicus ;
  8. Décolonialisme: à la rencontre des épistémologies autochtones et du Sud.

Voilà autant de points d’ancrage de notre créativité pour concrétiser le monde transformé que nous visons. Le programme du FMTL sera réparti entre un forum théologique propre qui se tiendra pendant deux jours (lundi 8 août et samedi 13 août), et, entre ces deux dates, des ateliers autogérés à même la programmation du Forum social mondial.

Consultation – Montréal vert

Montréal vertUne consultation publique faite par l’Office de consultation publique de Montréal est actuellement en cours en vue de définir un Montréal Vert. Le pasteur David Fines, de l’Église unie du Canada, propose un mémoire qui s’inspire d’une perspective chrétienne. Il est disponible en pièce-jointe et fait 4 pages.

Les autres mémoires sont accessibles sur le site Coalition climat Montréal.

Tous sont invités à transmettre leur opinion lors de cette consultation publique, en tant que groupe, organisme ou individu. Des organismes tels Églises Vertes, Développement. et Paix et Terre sacrée ont endossé le mémoire, mais on peut signer aussi une pétition comme individu.

Une trentaine de mémoires de différentes provenances sera présentée formellement à l’office qui est une organisme consultatif de la Ville de Montréal le 3 mars 2016. Cette expression populaire vise à convaincre la Ville à prendre des mesures concrètes et audacieuses pour assurer un équilibre des gaz à effet de serres dans la ville d’ici 2042.