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Conscience et liberté

La conscience est une boussole
La conscience est-elle une boussole infaillible ? La conscience donne-elle un permis de chasse sans limite ? C’est à ces questions, inspirées de son dernier livre, que répondra Marie-Thérèse Nadeau, théologienne, dans sa conférence intitulée « La conscience une formidable boussole ». Cette conférence se tiendra le jeudi 23 février 2017, à 19h30, en l’auditorium des Dominicains située au 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal.

Qu’est-ce que la conscience ? Qu’est-ce qu’une conscience éclairée ? Quelle est cette boussole qui nous guide dans le quotidien de nos vies ? Et surtout, cette boussole peut-elle être faussée ? Marie-Thérèse Nadeau insiste sur la responsabilité que l’on a d’éclairer sa conscience dans un monde dont les repères sont en changements constants. Si l’être humain doit obéir à sa conscience, il a le devoir de la former, de la nourrir et de la tenir à jour. Autrement on se guide avec une boussole désaimantée.

Marie-Thérèse Nadeau est professeure au Collège universitaire dominicain à Ottawa. Elle détient un doctorat de l’Institut catholique de Paris et un second de la Sorbonne. Elle appartient à la Congrégation de Notre-Dame. Auteure prolifique, on lui doit, en plus de La conscience, une formidable boussole(2016), Un besoin fou d’espérance (2015), Voir la souffrance autrement (2013),La solitude, malheur ou chance(2013), tous publiés chez Médiaspaul.

Cette soirée se tiendra à 19h30, le jeudi 23 février 2017, dans l’auditorium des Dominicains situé au 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, à Montréal (autobus 129 – métro UdeM). Stationnement gratuit. Une contribution de 10 $ est demandée. Pour plus de renseignements, on peut joindre Simon Paré au 514-279-4799, pare@videotron.ca ou auprès de info@cccmontreal.org

Pour en savoir davantage sur la programmation de notre saison culturelle, Hiver-Printemps 2017, suivez ce lien

Lancement de livre – La « pauvreté » vous rendra libres !

La pauvreté vous rendra libresQui désire vraiment être pauvre? Si pauvreté rime avec misère, alors personne, sans doute… Pourtant, à y regarder de plus près, la pauvreté bien comprise suscite une plus grande liberté, à la fois matérielle et spirituelle, chez la personne qui la choisit en toute conscience.
Dans un essai court et percutant, rédigé dans le souci de rejoindre tant les chrétiens que les non-croyants, Dominique Boisvert démontre de manière magistrale que tant la simplicité volontaire que l’idéal de pauvreté évangélique constituent, paradoxalement, des ressources incomparables d’enrichissement personnel et de bonheur.
La « pauvreté » vous rendra libre!, Novalis, 2016.

Des familles colorées

Des familles colorées

Je participais récemment aux funérailles catholiques d’une femme de 90 ans. Dans l’immense église, environ 80 personnes étaient rassemblées pour saluer le départ d’un membre de leur famille. C’était une femme au cœur ouvert, attentive à ces petits riens qui sauvent des vies, vigilante, accueillante. Au moment du partage du Corps du Christ, quasiment toutes les personnes présentes dans le temple se sont levées très dignement pour  « communier »! Pourtant je sais que LE modèle familial choisi et prôné par l’Église catholique était presque absent de cette assemblée de prières : il y avait un éventail de modèles de couples très différents les uns des autres et, conséquemment, un éventail de types de familles. Une véritable courtepointe aux couleurs multiples, constituée de diverses façons de s’aimer : des personnes vivant en union libre, des personnes divorcées et remariées ou non, des personnes de même sexe vivant ensemble, des couples conformes aux conditions du « modèle » catholique… Qui suis-je pour les juger et condamner leur démarche, comparer les couleurs et classer leur réussite? Je sais cependant que ces couples, peu importe le style ou la couleur de leur union, ont travaillé fort et continuent de le faire pour s’aimer et faire produire du fruit à leurs enfants, petits ou grands. Cet événement récent m’a ramené concrètement au Synode sur la famille.

C’est en lisant Vérité et pertinence[1] du théologien canadien Gregory Baum que j’en suis arrivé à me construire ma propre définition de la famille sur laquelle je continue tout de même de m’interroger car « croire, a écrit Fernand Dumont, c’est conserver au cœur de l’assentiment l’interrogation qui l’a suscité. »[2] La famille est un lieu d’apprentissage à taille humaine dans lequel deux adultes, parfois un seul, s’efforcent gratuitement de donner à leurs enfants la force et l’imagination nécessaires pour qu’ils surpassent leur désespoir, aillent plus loin que leur petit intérêt personnel, développent et partagent leurs talents avec autrui et travaillent au bénéfice de toutes et de tous de leur société. Oui un lieu d’apprentissage de la grandeur du cœur humain et de ses possibilités, un cœur humain qui croit à la possibilité de naître à nouveau quand tout a lâché! Un lieu où les mots bienveillance et tendresse deviennent joyeuse réalité. N’est-ce pas ce que fut la vie de Jésus?

J’ai vécu dans une telle famille (catholique) où il n’y avait dans la maison qu’une maman et pourtant trois autres adultes (grand-maman, un oncle célibataire et une tante célibataire) pour nous faire grandir, ma sœur Thérèse et moi. Modèle bizarre imposé par les réalités et les contraintes de la Vie. C’est pourtant grâce à cet étonnant modèle que j’ai appris à aimer et à pardonner, à me faire confiance, à améliorer mon souci du partage, à devenir solidaire et à prendre conscience de mes ressources cachées pour en faire bénéficier les gens de ma rue Bordeaux.

Faut-il nécessairement, dans une telle famille, une adulte femelle et un adulte mâle comme l’exige présentement la loi de l’Église catholique? Faut-il que ces deux adultes soient mariés religieusement pour faire grandir leur progéniture et l’orienter vers les autres? Faut-il qu’ils n’aient jamais divorcé, jamais connu l’échec marital, jamais tombé au plancher? Si je contemple le visage de Jésus, j’hésite à le croire. Je pense qu’il « faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. »[3] Quelle belle expression que celle-ci de l’évêque de Rome : « tenir en éveil l’espérance » de sorte que soit surpassé le désespoir et que circule le Souffle quand l’Humanité est en train d’en manquer! De sorte que la soif imposée par le désert soit comblée et que renaisse la famille. Ma vie familiale comme enfant et ado sur la rue Bordeaux et ma vie familiale avec ma conjointe et nos deux enfants depuis 40 ans (traversée du désert?) m’ont appris, autour de la table, à rêver et à tenter de réaliser mes rêves, à fuir cette « acédie paralysante » évoquée par François, l’évêque de Rome, à croire en l’autre et à croire en l’Humanité. La Vie a fait que cet apprentissage qui n’est pas encore terminé s’est déroulé dans des conditions « imposées » par l’Église catholique; si Dieu, Souffle de l’Humanité, transcende cette institution, se pourrait-il alors que d’autres conditions organisationnelles (modèles) permettent à des familles de tenir en éveil l’espérance?

« Saint Thomas d’Aquin soulignait que les préceptes donnés par le Christ et par les apôtres au Peuple de Dieu sont très peu nombreux. Citant saint Augustin, Thomas d’Aquin notait qu’on doit exiger avec modération les préceptes ajoutés par l’Église postérieurement ‘pour ne pas alourdir la vie aux fidèles’ et transformer notre religion en un esclavage ‘ quand la miséricorde de Dieu a voulu qu’elle fût libre. ‘[4]

Notes et références

[1] Gregory Baum, Vérité et pertinence, Fides 2014.
[2] Fernand Dumont, Une foi partagée, Bellarmin p. 19.
[3] Le pape François, La joie de l’Évangile, Médiaspaul p. 64.
[4] Idem, p. 34.

Nous remettre en marche

Une lettre d’André Gadbois datée du mois de juin rappelle le décès de Claude Lefebvre.
Je trouve important que la mémoire de ce grand homme éclaire notre site internet.
Michel Bourgault, webmestre.

Bonjour à vous du Réseau des Forums André-Naud!

En février 2006 se rassemblaient autour de Claude Lefebvre 19 prêtres qui, dans une lettre ouverte aux évêques du Québec, affichaient leur dissidence d’avec la position des autorités épiscopales sur l’homosexualité. Les réactions positives à cette lettre donnèrent naissance en octobre suivant au Forum André-Naud devenu par la suite le Réseau des Forums André-Naud (RFAN) ouvert à toutes les chrétiennes et tous les chrétiens catholiques intéressés à la promotion de la liberté de pensée et d’expression dans leur Église. Leur inspiration : la Parole de Dieu et les documents de Vatican II; leur guide : le théologien québécois André Naud.

Leader de ce mouvement de dissidence à l’intérieur de l’Institution catholique, Claude Lefebvre ne se ménagea pas pour en pousser autant l’étendue que la profondeur. Sans cesse en mouvement lui-même, souriant et détendu, accueillant et convaincu de la nécessité du dialogue, de grande rigueur, il marqua les travaux et les prises de position du RFAN.

 À la surprise de toutes et de tous, Claude est décédé le 9 juin 2011.

Comme un soleil, Claude avait coloré la vie et l’espérance de plusieurs personnes. Comme une éclaircie, il en avait invité plusieurs à s’associer à lui pour avancer vers la lumière prisonnière des idées toutes faites à jamais. Comme un printemps il nous avait donné le goût de croire à la force des bourgeons enneigés. Et c’est au printemps qu’il est décédé, à cette époque où les bourgeons sont éclatés. Toutefois les éclats des feuillus ne durent pas : il faut recommencer et recommencer, gratter les feuilles mortes et croire de nouveau à la robustesse des bourgeons malgré la froidure et la neige.

En ce deuxième anniversaire du décès de Claude, au nom de toutes et de tous je rends grâces à l’Éternel notre Dieu d’avoir connu ce chêne si accueillant et d’avoir bénéficié de sa fraîcheur. Et je te demande à toi, Claude, de nous faire tomber de temps en temps quelques glands sur la fraise pour nous réveiller et nous remettre en marche.

 André Gadbois,
Coordonnateur du RFAN