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«Joies et rabats-joies dans la famille :le Pape s’en mêle…»

Échange à trois autour de l’Exhortation du pape François sur l’amour dans la famille. Anne-Marie Ricard, conseillère en orientation, phychothérapeute, Étienne Pouliot, chargé d’enseignement à la Faculté de théologie et de sciences religieuses et Jacques Racine, professeur retraité de cette même faculté et membre du Comité de coordination du Parvis.L’Église du XXIe siècle prend-elle au sérieux tous les défis de la famille d’aujourd’hui et toutes les dimensions de la vie de couple: l’amour dans la vie familiale, la vie sexuelle, la vie éducative, la vie économique… François invite-t-il les couples sur un chemin nouveau d’ouverture ou sur une route pavée des vieux malaises du passé ?

Le Parvis de Québec vous invite à venir participer … avec votre expérience, vos déceptions, vos espérances… car il y aura place pour vos questions et commentaires

Bienvenue à tous et à toutes.

Jeudi le 27 octobre 2016 à 19h30
Au sous-sol du Montmartre.
1669 Chemin St-Louis, Québec
Contribution suggérée : 5$

Lendemains de Synode

Le rapport synodal final

Dans le numéro de janvier-février-2016 de la revue Relations, Marie-Andrée Roy fait le bilan du Synode de la famille de l’Église catholique qui s’est déroulé du 5 au 19 octobre 2014 et du 4 au 25 octobre 2015. Selon elle, les résultats sont mitigés compte tenu de l’ampleur des consultations faites auprès des Églises nationales. Elle souligne que l’absence des principaux intéressés, les couples et les familles, confirme « le caractère clérical et centralisateur de l’Église et son incapacité à faire corps avec le Peuple de Dieu – l’ensemble des baptisés. »
La revue Relations
Les pères synodaux ont, entre autres, reconnu une valeur aux unions libres mais ils ont été muets sur les couples de même sexe. Ils ont pris note « l’émancipation féminine requiert de repenser les devoirs des époux dans leur réciprocité » mais ils ont refusé d’ouvrir le diaconat aux femmes comme le proposait l’évêque de Gatineau.

Selon Marie-Andrée Roy, le Synode s’est buté à un cul-de-sac doctrinal. Sur la question du divorce, « l’Église semble ainsi incapable de tenir, pour notre temps, un discours de guérison et de réconciliation pour les échecs matrimoniaux. Aucune des solutions envisagées ne paraît d’ailleurs satisfaisante pour la majorité des catholiques. Une question demeure : comment se fait-il que l’Église soit parvenue à accueillir sans drame à la table eucharistique les prêtres qui ont quitté le sacerdoce – un sacrement indissoluble – et qui se sont mariés religieusement alors qu’elle est incapable de faire de même pour les divorcés remariés ? ». Le rapport synodal final comprenait 74 articles. Marie-Andrée Roy est professeure au Département des sciences religieuses à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

L’exhortation post-synodale

Dans un texte de 260 pages publié le 8 avril 2016, le pape François confirme que l’Église catholique ne reconnaît qu’une seule forme de mariage : l’union traditionnelle entre un homme et une femme jusqu’au décès de l’un ou l’autre des conjoints. Tout autre forme de mariage est une union irrégulière et doit faire l’objet de miséricorde. Selon Isabelle Paré du journal Le Devoir, L’Exhortation apostolique sur la famille invite cependant prêtres et évêques à les « accompagner », et, « dans certains cas », permettre l’accès à la communion et de la confession les divorcés remariés.
Amoris Laetitia

L’exhortation demande que l’indissolubilité du mariage, ne doit pas être comprise « comme un « joug » imposé aux hommes, mais bien plutôt comme un « don » fait aux personnes unies par le mariage ». Cependant, Isabelle Paré relève que « l’exhortation papale surprend en valorisant « la dimension érotique de l’amour », et critique le discours historique de l’Église trop longtemps axé sur « le devoir de procréation » et « l’idéalisation excessive » ». Pour le journal Le Monde, le Pape affiche « un pragmatisme conforme à sa volonté de s’adresser à toutes ces « périphéries » humaines que l’Eglise a trop longtemps ignorées…. »

Dans son blogue, Sébastien Maillard, de La Croix résume pour sa part l’approche de François par le terme « flexisécurité » : sécurité doctrinale et flexibilité pastorale. Faisant un parallèle avec le marché du travail, le blogueur souligne qu’alors que « certains se retrouvent très peu disposés au sacrement du mariage, comme d’autres présentent une employabilité trop faible pour envisager un CDI. Ce qui n’interdit pas, dans un cas comme l’autre, d’en rêver, d’encourager ce rêve et de tout déployer jusqu’au bout, patiemment, pour le réaliser. » Selon lui, l’exhortation cherche à responsabiliser « chaque évêque, prêtre et agent pastoral. Il n’autorise, ni ne réfute l’accès aux sacrements, dont la discipline générale reste inchangée. » Il en conclue que la conséquence est une « inculturation » où Amoris laetitia vise une « décentralisation, dont la précédente exhortation, Evangelii gaudium, traçait déjà l’horizon », une sorte de « flexi-romanité » quoi !

Nouvelle évangélisation et Synode sur la famille

Gilles Gamache pour le FAN de St-Jérôme

(N.D.L.R.) Dans le cadre du Synode romain sur la famille tenu en 2014 et en 2015, le Forum André-Naud a demandé à des auteurs, parmi d’autres, de rédiger une opinion afin d’alimenter la réflexion sur le sort réservé à la famille en 2015. Voici un extrait de la « courtepointe » qui a été publiée dans notre dernier bulletin.Ce texte est une réflexion sur le rapport de la première séance de l’Assemblée Synodale Les défis pastoraux sur la famille dans le contexte de l’évangélisation qui a été publié en octobre 2014.
Famille recomposée
Il est très important de situer cette réflexion sur la façon d’évangéliser la famille dans la question fondamentale, plus globale, aujourd’hui soulevée : la nouvelle évangélisation.

Introduction

« Est-ce que les catholiques doivent être d’accord sur tout en raison de leur foi commune ? À supposer que cette unanimité soit réalisable, elle n’est pas toujours souhaitable. Il y a peu de vérités absolues sur la plupart des problèmes, surtout dans le domaine de l’éthique et de l’organisation de l’Église. L’absence de recherche et de débat est une carence sérieuse qui hypothèque l’avenir du christianisme. C’est pourquoi il devient urgent de favoriser des lieux ou des tribunes où les gens pourraient s’exprimer en toute liberté…

« Tous les baptisés jouissent du «sens de la foi», une sorte d’instinct chrétien leur permettant de saisir, d’assimiler et d’exprimer la vérité de l’Évangile. La libre expression des fidèles est un droit inaliénable s’enracinant dans le baptême, qui les rend membres à part entière de l’Église. Dans certains milieux, on pense que le charisme de la vérité n’est donné qu’au pape et partiellement aux évêques. Ce n’est pas la position de Vatican II. Au contraire, le Concile affirme que «la collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint ( … ), ne peut se tromper dans la foi» (Constitution sur l’Église, 12). Il existe donc, chez le peuple croyant, une infaillibilité dont le magistère devra toujours tenir compte…

« Il est remarquable de voir comment le document reprend les trois actions fondamentales de la pratique de l’Action catholique des années 50 : l’écoute (voir), le regard (juger) et la discussion (agir). » … « Si l’Église n’est pas sensible aux attentes, à la pensée et au vécu des gens, personne ne l’écoutera, même si ses réponses sont vraies. » (Normand Provencher, Prions en Église, 29 janvier)

L’écoute

Le portrait tracé par les Pères synodaux est assez juste. Il faut peut-être y ajouter le trop grand nombre de familles vivant sous le seuil de la pauvreté, l’accroissement de la longévité de l’existence et la peur de l’engagement à long terme.

Ils ont aussi raison d’insister sur les dangers de la montée de l’individualisme exacerbé dans la société de consommation.

Le regard sur le Christ

La pédagogie divine, telle que véhiculée par le Magistère, m’apparait trop codificatrice, canonique et légaliste. Jésus allait vers les gens et son approche était toujours empreinte de miséricorde, jamais de jugement. Même la pédagogie humaine met l’accent sur les forces de l’éduqué, non sur ses défauts et ses faiblesses. On mise surtout sur les forces pour encourager à des changements. Dans notre regard sur les défauts des gens de notre entourage, nous devons toujours veiller à juger les actes et jamais la personne ou la nature de cette personne. Il est remarquable, et tellement décevant, de débuter une célébration eucharistique en invitant les personnes présentes à se souvenir qu’elles sont pécheresses. Pourquoi ne pas leur demander de se rappeler qu’elles sont enfants de Dieu (ce qui est sa nature) et appeler à sa ressemblance? Jésus est toujours accueillant. Il fait confiance, ne juge pas la personne, mais les actes répréhensibles et, bonnement, il invite à la conversion, ex. Zaché, la femme adultère, la Samaritaine, l’enfant prodigue, etc. Dans les Évangiles, il est rarement question de « péché ».

Je crois que la hiérarchie de l’Église ne saisit pas vraiment la profondeur du mystère de l’Incarnation. Le Verbe a assumé « la condition humaine, hormis le péché », c’est-à-dire la « rupture de sa relation amoureuse avec le Père ». Comme Il est « la Voie, la Vérité et la Vie » et qu’il est destiné à retourner auprès du Père, nous aussi cela représente notre vocation : « Comme cette eau se mêle au vin, en signe du sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité » disons-nous à la messe. Il est venu dans notre monde pour le parfaire, sublimer notre évolution comme homme libre, nous soutenir dans notre collaboration à son œuvre créatrice, diviniser ce que nous sommes parvenu à rendre « sanctifiable » par nos efforts soutenus par sa grâce. Rappelons-nous qu’ « Il nous a aimé le premier » et « que nous avons du prix à ses yeux ». « L’Orient chrétien, dans la ligne des premiers siècles, a entraîné les fidèles dans la direction de leur croissance spirituelle, de leur « divinisation » d’un processus humano-divin qui, initié dès les premiers temps, nous destine à toujours davantage vivre et agir « à l’image de Dieu ». (Lytta Basset, p.64) L’influence de St-Augustin a lancé l’Église dans une tout autre direction dont nous portons encore le poids.

L’essentiel du message du Christ consiste en l’annonce de la Bonne nouvelle : nous sommes aimés du Père et il nous aime dans notre condition, inconditionnellement. Son Amour est fidèle. Faire sa volonté est un idéal à poursuivre. Que nous tombions en chemin, il sait que cela se produira, mais il compte sur le fait que, avec sa grâce, nous pouvons nous relever et poursuivre notre effort de ressemblance.

L’indissolubilité du mariage, la joie de vivre ensemble, les beautés de la vie en famille, l’aide mutuelle à grandir et à s’épanouir, le mariage entre un homme et une femme, sont à proposer par l’Église comme un idéal à atteindre, mais ne justifie aucunement l’exclusion de la fréquentation des sacrements qui ont été conçus pour soutenir le travail de conversion voulu par Dieu. « Conscient que la plus grande miséricorde consiste à dire la vérité avec amour, nous allons au-delà de la compassion. L’amour miséricordieux, attire et unit, et ainsi transforme et élève. Il invite à la conversion. (Rapport final # 28)

La discussion

Tout ce que le rapport final du Synode dit de la beauté du mariage, de son indissolubilité et de l’effort pastoral pour le proposer aux fidèles et les soutenir dans leur engagement matrimonial doit être maintenu. Il s’agit d’une proposition, vraiment source de bonheur, mais cet idéal a besoin d’une intériorisation, du secours de la grâce à rechercher dans la fréquentation des sacrements. Et la pastorale familiale doit être attentive à toutes les si-tuations qui rendent difficile le maintien de ce lien, v.g. maladie, changement de situation financière, accident grave, etc.

Il faut souligner aussi que l’attitude des ministres a longtemps fait fuir les fi-dèles en diffi-cultés (refus de l’absolution cavalièrement, prédications menaçantes, exclusions, etc.) et aujourd’hui il faut tenter de les rejoindre pour les aider à cheminer, leur dire que Dieu les aime toujours et qu’il souhaite qu’ils aient la vie en abondance. Ces fidèles, enfants de Dieu, ne courent pas après le mépris des ministres. Donc ils ne sont plus dans nos églises. Où faut-ils les rejoindre pour leur transmettre cette confiance nécessaire à des relations valorisantes et susceptibles d’être « sanctifiables »?

Un journaliste posait cette question au Cardinal Martini, celui qui disait « L’Église est 200 ans en retard », avant que celui-ci ne meure : Quels sont vos conseils pour revigorer l’Église?

« J’en vois trois, très puissants. Le premier, c’est la conversion. L’Église doit reconnaître ses propres erreurs et s’engager sur un chemin radical de changement, à commencer par le Pape et les évêques. Les scandales de pédophilie nous poussent à entreprendre un chemin de conversion. Les demandes sur la sexualité et sur le corps en sont un exemple. Nous devons nous demander si les gens écoutent encore les conseils de l’Église en matière de sexualité. Dans ce domaine, l’Église est-elle encore une autorité de référence ou juste une caricature pour les médias?

« Le deuxième, c’est la parole de Dieu. Le concile Vatican Il a rendu la Bible aux catholiques. Seul celui qui reçoit cette parole dans son cœur peut aider au renouvellement de l’Église et répondre avec justesse aux demandes personnelles. La Parole de Dieu est simple et cherche pour compagnon un cœur qui écoute [ … ]. Ni le clergé, ni le Droit canonique ne peuvent remplacer l’intériorité de l’homme. Toutes les règles extérieures, les lois, les dogmes, ne nous sont donnés que pour clarifier la voix intérieure et pour aider au discernement des esprits. (Je mets ici en note la vraie question à se poser : « Quel est le message authentique de l’Évangile ?» (Normand Provencher).

Enfin, les sacrements sont le troisième moyen de guérison. Ils ne sont pas des instruments de discipline, mais un secours pour les hommes dans les moments de cheminement et dans les faiblesses de la vie. Portons-nous les sacrements aux hommes qui ont besoin d’une nouvelle force ? Je pense à tous les divorcés et aux couples remariés, aux familles recomposées. Ils ont besoin d’une protection spéciale. L’Église soutient l’indissolubilité du mariage : c’est une grâce lorsqu’un mariage et une famille y parviennent. […] L’attention que nous portons aux familles recomposées déterminera la proximité de l’Église avec la génération de leurs enfants. Prenons une femme abandonnée par son mari qui trouve un nouveau compagnon qui s’occupe d’elle et de ses trois enfants. Ce second amour réussit. Si cette famille est discriminée, on se coupe non seulement de la mère, mais aussi de ses enfants. Si les parents se sentent hors de l’Église ou s’ils ne se sentent pas soutenus par elle, l’Église perdra les générations futures […] L’amour est une grâce. L’amour est un don. La question de l’accès à la communion des divorcés devrait être posée. Comment l’Église peut-elle venir en aide avec la force des sacrements à ceux qui vivent des situations familiales complexes ?

« Dieu est Amour… J’ai encore une demande à faire : et toi, que peux-tu faire pour l’Église? » (Publiée le  septembre dans le quotidien italien Corriere della Serra, cette entrevue a été réalisée le II août par le père Georg Spotschill, jésuite, trois semaines avant le décès du Cardinal. (Une sorte de testament spirituel. Le cardinal Carlo-Maria Martini a lu et approuvé ce texte », a-t-il indiqué.)

Cette dernière interrogation est lourde de sens pour le laïcat dans l’Église.

« Soyons suspendus à la bouche de tous les fidèles, car en tout fidèle souffle l’Esprit de Dieu » Les communautés chrétiennes sont donc invitées à devenir des communautés d’échange, de dialogue et de discussion, où chacun des membres donne et reçoit, au service d’une recherche continuelle de la vérité et du « vivre-ensemble » fraternel. Les prises de parole du plus grand nombre possible d’hommes et de femmes sont nécessaires dans l’Église pour que l’Évangile puisse déployer toutes ses richesses et ses virtualités dans le monde d’aujourd’hui. Voilà tout un défi pour notre pastorale! (Normand Provencher, Prions en Église, 29 janvier 2012)

Conclusion

Comme je le soulignais au début, cette réflexion doit être conduite à l’intérieur d’une interrogation plus large : la nouvelle évangélisation. Elle doit approfondir le sens réel de l’Incarnation du Christ. L’essentiel du message évangélique consiste en une proposition d’un idéal de vie épanouissante, sanctifiante, « divinisable », qui conduit au Bonheur. La poursuite de cet idéal se réalise dans un monde concret, humain, dans un processus lent et laborieux, qui exige efforts, patience, et ouverture à une aide d’un Dieu miséricordieux et aimant. Tout comme Il le fit à Emmaüs : il marche à nos côtés et nous explique tout ce qui nous est utile à progresser dans cette « voie, cette vérité et cette vie ».

Il est aussi urgent d’insérer l’Incarnation du Verbe comme un temps fort du processus de l’Évolution de l’Univers qui « fut fait par Lui et pour Lui ». Il s’est inséré pour nous aider par une union progressive à travers des purifications parfois douloureuses, Il marche avec nous, ses coopérateurs, dans la réalisation de son Corps mystique, œuvre entreprise avec l’Humanité. « Il est avec nous jusqu’à la pleine réalisation dans la parousie : le Christ toujours Grand. « Puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre Humanité ».

Un homme avait deux fils

Michel Bourgault, FAN de Joliette

(N.D.L.R.) Dans le cadre du Synode romain sur la famille tenu en 2014 et en 2015, le Forum André-Naud a demandé  à des auteurs, parmi d’autres, de rédiger une opinion afin d’alimenter la réflexion sur le sort réservé à la famille en 2015. Voici un extrait de la « courtepointe » qui a été publiée dans notre dernier bulletin.

Un sénateur américain du parti républicain, Rob Portman, parce qu’il voulait le bonheur de son fils, a changé d’idée à propos de la reconnaissance des droits des homosexuels. Puisque les pères synodaux veulent certainement le bonheur des enfants de Dieu qui se reconnaissent homosexuels, puisqu’ils réaffirment leur préoccupation pastorale à leur égard, j’émets quelques propositions afin que se réalisent leur volonté et leur souci pastoral. Je propose en premier lieu qu’ils regardent en face les homosexuels au sein du clergé et des communautés religieuses et qu’ils reconnaissent leur généreuse contribution à la mission évangélique. Je propose qu’ils reconnaissent que leur mise au ban a assez duré. S’ils ne sont pas prêts à cela, je propose que le pape François institue une commission d’études formée d’un nombre égal de personnes hétérosexuelles, homosexuelles, féminines et masculines, pour faire cheminer la pensée de tous les catholiques et, quand le moment sera favorable, pour décharger le lourd fardeau que l’enseignement du Magistère a fait peser sur les personnes homosexuelles.

Ce qui compte en définitive à mes yeux, c’est de faire la volonté du Père qui est aux cieux : L’aimer et aimer son prochain comme soi-même. Quand deux époux se promettent fidélité devant Dieu et qu’ils respectent la parole donnée, ils suivent la volonté de Dieu. Quand deux époux connaissent la joie de donner la vie à un enfant, ils font quelque chose de tout naturel; mais ils font la volonté du Père surtout quand ils essaient par leurs comportements et leur exemple de vie de lui enseigner l’amour de Dieu et du prochain et d’engendrer cet enfant à la foi. Pour Jésus dans les évangiles, le sexe des personnes ne comptait pour rien, comme les relations de parenté, ce qui comptait c’était leur cœur et leur désir de s’ajuster à la volonté du Père.

Si nous voulons comme Église cheminer vers un discernement juste sur les relations homosexuelles de même que sur les unions homosexuelles, nous pourrions méditer la parabole du père et des deux fils de l’évangile de Luc. Rien dans la parabole ne dit que le fils cadet a dû montrer patte blanche avant d’entrer dans la maison, il est seulement dit qu’il a pris conscience de sa misère et il est retourné à la maison. Alors qu’il était encore loin, son père l’aperçut, (peut-être a-t-il attendu longtemps à la fenêtre dans l’espoir de ce retour), fut pris de pitié, courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers; en somme il s’est réjoui du retour de son fils. Alors que le fils reconnaît ses fautes, le père ne semble pas du tout intéressé par ses aveux. Il l’accueille inconditionnellement et il est réintégré dans la famille avec pleins droits. Il est temps que les homosexuels rentrent à la maison et puissent connaitre l’amour de la famille sous toutes ses formes. Il est temps de reconnaître qu’avec toute leur personne, sans en cacher une partie, ils peuvent témoigner de la foi en Dieu, reconnu comme la source de tout amour.