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Des cardinaux de François pro-syndicaux

Les nominations de cardinaux faites par le pape François commencent à avoir des effets sur l’orientation de l’Église catholique. Aux États-Unis, l’appui de la conférence des évêques à une cause syndicale devant la cour suprême n’est pas passé inaperçu. Peut-on s’attendre à ce que l’assemblée des évêques du Québec adhèrent éventuellement à cette nouvelle évangélisation  ?

Centrale des syndicats nationauxLe pape François a nommé, en 2016, un trio de cardinaux américains, Blase Cupich, Kevin Farrell et Joseph Tobin qui influencent l’Église américaine, en la ramenant sur des territoires jadis occupés par l’Église. Le 26 févier 2018, le cardinal Tobin a indiqué que la conférence des évêques américains allait appuyer une demande syndicale devant la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique. Les évêques américains évoquent l’encyclique Caritas in veritae de Benoît XIV pour justifier leur appui à Mark Janus, un syndiqué du secteur public de l’Illinois.

Dans un dossier porté devant le plus haut tribunal américain, les évêques américains ont décidé d’appuyer une revendication syndicale que l’on désigne au Québec comme la formule Rand. Elle consiste à retenir des cotisations syndicales de tous les travailleurs d’une entreprise qui font partie d’une unité de négociation, y compris de ceux ne faisant pas partie du syndicat. Un employé n’est jamais obligé d’être membre du syndicat accrédité de son entreprise, il peut adhérer à un autre; toutefois, il doit payer ses cotisations à celui qui est reconnu. Plusieurs, même au Québec, contestent cette formule de cotisation en invoquant la liberté d’association des travailleurs.

L’Église a toujours eu comme mission d’appuyer les plus faibles, souvent les travailleurs. Depuis la grève à Asbestos, cet appui a décliné au fils des années et on voit peu l’Église s’impliquer dans les questions concernant les travailleurs. Dans le récent dossier du salaire minimum à 15 $/heure, l’Église est restée sur les lignes de touche.  Si l’Église prenait une part active à ce débat, elle profiterait notamment d’un appui populaire.

Aux États-Unis, le cardinal Tobin ravive cette prise de position pro-travailleur, une fonction de l’Église. Il est le symbole de la germination de l’action de François en faveur des plus faibles, entre autres des humbles travailleurs. Pouvons-nous espérer voir les assemblées d’évêques québécois et canadien, se lever et appuyer des revendications de travailleurs au salaire minimum, en assumant un leadership. Après tout, donner suite aux encycliques, n’est pas la mission des évêques ?

 

Situation et orientations de l’Église de Québec

Le Parvis vous invite à:«Une rencontre-échange avec Mgr Marc Pelchat»

Monseigneur Pelchat

Monseigneur Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, rappellera les principaux défis de l’Église de Québec tels qu’exposés au pape François le printemps dernier.

Il présentera les grandes orientations retenues par le diocèse pour les prochaines années.

 

 

 

Une période de questions suivra son exposé.

On vous attend, le 14 mars 2018 à 19h30
Au sous-sol du Montmartre, 1669 Chemin St-Louis, Sillery

Contribution suggérée : 5$ pour payer la location de la salle.

Information : 418-871-3142

L’Évêque des pauvres est mort

Maurice CoutureMgr Maurice Couture est décédé le 15 janvier 2018 et ses funérailles auront lieu le 5 février 2018. Il a été l’archevêque titulaire de Québec d’avril 1990 à décembre 2002. Il a été recteur-fondateur du Séminaire intercommunautaire de Cap-Rouge en 1965. René Tessier, porte-parole du diocèse de Québec, l’a qualifié d’« Évêque des pauvres ».

Il était proche de la faculté de théologie de l’université Laval. Le journal de la communauté universitaire, Le fil le décrivait ainsi:

« Ce communicateur hors pair a toujours su interpeller avec respect et authenticité la société québécoise dans ses multiples évolutions. Il a pris une part active à la réflexion sur des enjeux tels que les défis de l’éducation, l’accueil des immigrants et la place des femmes dans l’Église. Partisan d’une pastorale proche des gens, il appréciait l’insistance du pape François sur la notion de miséricorde et sa proximité des pauvres. »

Selon Radio-Canada, « Mgr Couture était reconnu pour ses prises de position avant-gardistes. Il était notamment favorable à l’ordination des prêtres mariés et il a milité pour une place accrue des femmes dans l’Église. » Dans une entrevue accordée à Radio-Canada en 2016, Maurice Couture entrevoyait le mariage des prêtres comme une voie plutôt incontournable pour l’avenir de l’Église.  Alain Crevier déplorait que Jean-Paul II, ne l’aie pas nommer cardinal, comme la tradition le commandait. Selon Pierre Maisonneuve, ancien journaliste, ce seraient les prises de positions sur le statut de la femme dans l’Église et le mariage des prêtres qui l’auraient handicapé.

Mgr Couture a été fait Grand officier de l’Ordre national du Québec en 2003. La notice disait notamment :

« Cet ecclésiastique soucieux de l’éducation de la jeunesse s’était illustré par son engagement pastoral dynamique, par sa solidarité forte avec les personnes marginalisées ainsi que par ses appels constants au partage et à l’entraide sociale. Il s’était démarqué en contribuant de près à fonder, à Québec, en 1990, l’organisme sans but lucratif Noël des enfants. »

Maurice Couture est né le 3 novembre 1926 et a été ordonné prêtre le 17 juin 1951. Il avait fait ses voeux perpétuels le 15 août 1948 chez les religieux de Saint-Vincent de Paul. Il a consacré les premières années de son ministère à la cause des jeunes en fondant notamment le Patro de La Baie dans la région du Saguenay. Il a été nommé Évêque de Baie Comeau en 1988 et archevêque de Québec en 1990. Il a présidé l’Assemblée des Évêques du Québec de 1993 à 1995.

Le pape François, avant et après

Lorsque le cardinal argentin Bergoglio se présente à Rome, en février 2013, pour participer à l’élection du successeur de Benoît XVI, il ne se doutait pas une seconde qu’il allait être l’élu. Il avait en poche un billet d’avion pour retourner dans son pays et une place réservée dans une maison de retraite.Mais dans les minutes qui ont suivi son élection, on comprend sans l’ombre d’un doute que Bergoglio devenu le pape François représente un sacré coup de vent au Vatican, cette institution deux fois millénaire et coincée dans ses lourdes traditions.Même les cardinaux qui ont voté pour lui au moment du conclave vont être surpris par la rapidité, la profondeur et l’ampleur des changements que François propose. Certains diront François le révolutionnaire. D’autres publiquement dénonceront ce pape hérétique. François est immensément populaire… à l’extérieur de l’Église. Et pourtant, à l’intérieur, il semble bien isolé. François parmi les loups.

Conférencier invitéAlain Crevier, journaliste et animateur de télévision et de radio québécoise, Depuis 1995, il anime à la télévision de Radio-Canada l’émission Second regard, un programme hebdomadaire traitant des religions, de la quête de sens et de la spiritualité dans le monde