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«Joies et rabats-joies dans la famille :le Pape s’en mêle…»

Échange à trois autour de l’Exhortation du pape François sur l’amour dans la famille. Anne-Marie Ricard, conseillère en orientation, phychothérapeute, Étienne Pouliot, chargé d’enseignement à la Faculté de théologie et de sciences religieuses et Jacques Racine, professeur retraité de cette même faculté et membre du Comité de coordination du Parvis.L’Église du XXIe siècle prend-elle au sérieux tous les défis de la famille d’aujourd’hui et toutes les dimensions de la vie de couple: l’amour dans la vie familiale, la vie sexuelle, la vie éducative, la vie économique… François invite-t-il les couples sur un chemin nouveau d’ouverture ou sur une route pavée des vieux malaises du passé ?

Le Parvis de Québec vous invite à venir participer … avec votre expérience, vos déceptions, vos espérances… car il y aura place pour vos questions et commentaires

Bienvenue à tous et à toutes.

Jeudi le 27 octobre 2016 à 19h30
Au sous-sol du Montmartre.
1669 Chemin St-Louis, Québec
Contribution suggérée : 5$

Bruxelles : parler aux canons

Avec mon amoureuse tôt mardi matin le 22, je roulais sur l’autoroute des Laurentides pour nous rendre en raquettes à notre tout petit chalet familial perdu dans les bois de Saint-Faustin-Lac Carré et profiter du ciel bleu, se détendre, rêver…
Raquettes
Nous roulions et soudainement à la radio nous avons ressenti l’horreur pénétrer en nous et atteindre notre cœur. L’horreur à Bruxelles, le carnage et l’inhumanité.

Des paroles et une musique ont surgi de ma mémoire :

Quand on n’a que l’amour
À offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on n’a que l’amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
À chaque carrefour
Quand on n’a que l’amour
Pour parler aux canons
Et rien qu’une chanson
Pour convaincre un tambour

Quand on n’a que l’amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours…

Parler aux canons quand nous n’avons que la force d’aimer est un défi… décourageant en partant : pas de taille ! Les gros écrasent les petits depuis toujours… et c’est encore la réalité.

Parler aux canons durant la Semaine sainte en plus, c’est se souvenir qu’à une autre époque Quelqu’un l’a fait dans sa ville et a perdu la guerre : crucifié! Cela veut dire : « Ta gueule ! Pas de taille ! Tu vois bien ! » Alors qu’est-ce qui est « de taille »? Il faut miser sur quoi pour assurer à nos frères et sœurs un avenir qui a de l’allure ?

La veille de sa condamnation, on rapporte que ce Quelqu’un avait posé quelques gestes dérangeants comme le pain partagé, le vin versé et le lavement des pieds et que lors de l’exécution de sa sentence sur la colline il aurait dit quelque chose comme « sans avoir rien que la force d’aimer, nous aurons dans nos mains, Père, amis, le monde entier. »

Suite à ces horribles nouvelles à la radio, nous roulions toujours sur l’autoroute, arrive l’émission radiophonique de Catherine Perrin à la SRC dont l’un des invités est Pierre Gingras, un scientifique spécialiste de la botanique.

Il nous renseigne sur la résurrection de certaines plantes… des plantes, peu nombreuses, capables de « forcer le destin » et de « ressusciter »  après avoir demeurer enterrées et revenir entièrement vivantes après des millions d’années d’horreurs sous terre. L’intervention du botaniste a soulagé mon cœur excité et découragé et j’ai entendu Jacques Brel de nouveau :

Alors sans avoir rien
Que la force d’aimer
Nous aurons dans nos mains,
Amis, le monde entier.

Assis au soleil sur la galerie enneigée du chalet, une coupe de rouge à la main, nous regardions nos raquettes appuyées sur la corde de bois, nos merveilleux conifères, les mésanges, le lac blanc qui deviendra bleu bientôt, et j’ai dit à ma bien-aimée : « Un scientifique et un artiste viennent de secouer et de ranimer mon espérance. C’est une bonne nouvelle. Santé ! »

Colloque – Penser le racisme aujourd’hui : ses déclinaisons et manifestations au Québec

  • Table-ronde : « Causes du racisme et ses mutations » avec Maryse Potvin et Chedly Belkhodja
  • Panel sur les groupes racisés au Québec : « Quels défis et quelle solidarité établir »
    avec Émilie Nicolas, Dania Suleman, Emiliano Arpin-Simonetti (et un autre panéliste à confirmer)
  • Des ateliers thématiques :
    • Austérité néolibérale et racisme
    • Profilage sécuritaire et racisme
    • Discours médiatiques et racisme
  • Panel final avec des représentants des principaux partis politiques québécois.

Une activité organisée conjointement par : Alternatives, Amal-Québec, Centre justice et foi et Québec inclusif.

Réflexion sur la famille

Réflexion sur la famille
Réflexion théologique sur la famille

Le Pape François a convoqué un synode des évêques sur la famille pour octobre 2014. Pour s’y préparer adéquatement il a demandé une consultation de tous les catholiques du monde à partir d’un questionnaire. C’est une première dans notre Église. Mais une consultation ne donne pas nécessairement des décisions suggérées par les participants. L’Église n’est pas une démocratie participative. J’ai tout de même décidé de participer à cette consultation à titre individuel et je vous propose de lire ma réflexion théologique que j’ai fait parvenir à la personne responsable pour le diocèse de Trois-Rivières. Je vous l’envoie car j’utilise ma famille à plusieurs reprises à titre d’exemple d’une famille du XXIème siècle.

Questionnaire sur la famille

Vous pouvez choisir de répondre aux questions qui vous intéressent.

  1. Comment l’enseignement de l’Église sur la famille est-il connu, accepté,   refusé et/ou critiqué dans les milieux? (Ex. : les méthodes de contraception, union d’un homme et d’une femme, sur l’éducation des enfants, sur les sacrements, etc.)
  2. Quels sont les facteurs culturels qui empêchent la pleine réception et la pleine compréhension de l’enseignement de l’Église sur la famille?
  3. Sur quels aspects sommes-nous les mieux informés?
  4. La notion de loi naturelle à propos de l’union entre un homme et une femme, est-elle couramment acceptée en tant que telle par les baptisés en général?
  5. Comment en pratique et en théorie, la loi naturelle sur l’union entre un homme et une femme en vue de la formation d’une famille est-elle contestée? Comment est-elle proposée et approfondie dans les organismes civils et ecclésiaux?
  6. Comment les baptisés (vivant en union libre, divorcé-séparé-remarié) vivent-ils leur situation? En sont-ils conscients? Manifestent-ils simplement de l’indifférence? Se sentent-ils écartés et vivent-ils avec souffrance l’impossibilité de recevoir les sacrements?
  7. Quelles sont les demandes que les personnes divorcées et remariées adressent à l’Église à propos des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation?
  8. La connaissance et la simplification de la pratique canonique pour la reconnaissance de la déclaration de nullité du lien matrimonial pourraient-elles offrir une réelle contribution positive à la solution des problèmes des personnes concernées.  Si oui, sous quelles formes?
  9. Quel est le comportement de l’Église tant envers l’État promoteur d’union civile entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union?
  10. Quelle attention pastorale est-il possible d’avoir envers des personnes qui ont choisi de vivre selon ce type d’union?
  11. En cas d’union entre personnes de même sexe qui ont adopté des enfants, quel comportement pastoral pouvons-nous tenir en vue de la transmission de la foi?
  12. Quelle conscience a-t-on de l’évaluation morale des différentes méthodes de régulation des naissances?
  13. Du point de vue pastoral, quels approfondissements pourraient être suggérés à ce propos?
  14. La doctrine morale de l’Église est-elle acceptée? Quels sont les aspects les plus problématiques qui en rendent difficile l’acceptation par la plupart des couples?
  15. Comment promouvoir une mentalité plus ouverte envers la natalité? Comment favoriser la croissance des naissances?
  16. Jésus-Christ révèle le mystère et la vocation de l’homme : la famille est-elle un lieu privilégié pour que ceci arrive?
  17. Quelles situations critiques de la famille dans le monde d’aujourd’hui peuvent devenir un obstacle à la rencontre de la personne avec le Christ?
Commentaires personnels sur les questions

J’hésitais à me prononcer sur ce questionnaire dont le texte me paraissait piégé par l’enseignement de l’Église. Je relis et relis ces questions qui me semblent viser un seul but : récupérer tout le monde dans le giron de l’enseignement de l’Église. Quelques phrases du «Magistère incertain» d’André Naud, théologien au Concile Vatican II, ont favorisé ma réflexion. Je reprends quelques citations :«Quelle est la compétence réelle dont l’Église dispose pour venir imposer son système d’interprétation personnelle aux couples?» et encore plus pertinent : «Avec quel poids d’autorité l’Église peut-elle intervenir dans l’interprétation de la loi naturelle? Avec quel type de conséquence ou d’autorité le Magistère peut-il, ou doit-il, intervenir dans ce domaine?». Voici les résultats de ma réflexion sur le questionnaire du Vatican à partir du «Magistère incertain.»

À la question 1, il faudrait répondre que l’enseignement de l’Église sur les sujets indiqués laisse pratiquement tout le monde indifférent et comment se fait-il qu’ils ne savent pas cela, les auteurs de ce questionnaire.

Je voudrais signaler d’autres exemples ; la question 2 laisse entendre que seuls «des facteurs culturels» empêchent «la pleine compréhension de l’enseignement de l’Église». Se peut-il que l’enseignement de l’Église sur la famille ait besoin d’un aggiornamento (mise à jour)?

À la question 3, il faudrait réaliser que l’institution a perdu, depuis longtemps, le contact avec ses «fidèles» même ceux qu’on désigne sous le nom de «pratiquants».

La question 4 vient clore tout débat sur le sujet selon le texte suggéré : «La notion de loi naturelle, selon l’enseignement de l’Église, c’est l’union d’un homme et d’une femme». J’ai des petites nouvelles pour ces personnes au Vatican. Ma petite-fille et sa conjointe ont un enfant et il n’a pas été adopté, mais conçu selon les méthodes scientifiques du XXIe siècle.  Elles seraient moins une famille selon la loi naturelle que prône notre Église? J’ai baptisé cet enfant et j’ai béni cette famille qui m’est très chère. Je pense que l’Église devrait faire une mise à jour de son système d’interprétation (sa théorie) sur la vie de couple.

La question 5 voudrait connaître l’argumentaire de cette situation de famille qui se situe «hors normes» de la loi naturelle telle que voulue par l’institution. La réponse que je propose est celle de l’amour.  J’aime cette famille et je suis persuadé que Dieu l’aime aussi. Alors pourquoi établir des «normes dogmatiques» sur la loi naturelle qui ne résiste pas dans le vécu des personnes.

La question 6 aborde la situation des personnes vivant en union libre, divorcé-séparé-remarié. La question veut savoir «s’ils sont conscients ou indifférents ou écartés.» Les personnes que je connais dans cette situation «sont en amour» et voudraient pouvoir le vivre comme tous les autres couples. Quant à l’impossibilité de recevoir les sacrements, c’est une décision autoritaire des instances de l’institution que bien des personnes ne respectent même pas. Les autres sont complètement indifférents.

Sur la question 7, ce ne sont pas des demandes que les personnes divorcées et remariées veulent présenter à l’Église. Ces personnes constatent que ce qui les éloigne des sacrements, c’est leur sexualité. En effet, les personnes corrompues, ou violentes ou quoi que ce soit n’ont aucun problème à s’approcher des sacrements. Elles sont des pécheurs, ce qui est le statut de tout baptisé. Ce qui est le statut des personnes divorcées et remariées. Alors pourquoi les viser en particulier?

À la question 8 sur «la reconnaissance de la nullité du lien matrimonial», notre institution aurait avantage à se ressourcer auprès de nos frères et sœurs orthodoxes qui depuis longtemps ont compris que l’erreur est humaine et que personne sur cette terre n’est parfait.

La question 9 sur le comportement de l’Église envers «l’État promoteur d’union civile entre personnes du même sexe ainsi qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union», je dirais que l’Église devrait ouvrir l’Évangile pour comprendre ce que veut dire accueillir et aimer. J’ai présidé le «mariage» civil de ma petite-fille et sa conjointe ainsi que les mariages de trois autres de mes petits-enfants dont deux civils et un religieux. Ce furent des célébrations dans la joie qui ont engendré des enfants qui sont mes arrières petits-enfants. Que du bonheur dans ces familles!

L’attention pastorale (question 10) envers ces personnes, c’est de les accepter telles qu’elles sont et pour l’amour de Dieu les laisser vivre sans toujours leur rappeler qu’ils et elles ne sont pas dans les normes.

Les personnes de même sexe qui ont adopté ou eu des enfants (question 11) s’attendent à être accueillies dans la charité qui demeure selon saint Paul l’attitude la plus évangélique (Si je n’ai pas la charité…).

La question 12 m’a vraiment fait suer. Quand notre institution va-t-telle arrêter de s’immiscer dans la chambre à coucher des couples? Je pensais que le rejet par les fidèles de l’encyclique de Paul VI sur la régulation des naissances avait clos ce débat. Il faut bien admettre que la sexualité et la morale s’y rattachant ont la vie dure dans notre Église.

Les questions 13 et 14 voudraient des suggestions pour faciliter l’acceptation de la doctrine morale de l’Église. Ce qui rend difficile l’acceptation de cette doctrine morale, c’est justement l’attitude intransigeante de l’institution qui impose des «douanes» (Pape François) à sa pastorale.  Comme l’écrit si bien mon amie Yolande du Forum André-Naud: «L’histoire me démontre que des légions de femmes et d’hommes ont quitté l’Église dans le passé, parce que cette Église était intrusive dans le vécu des couples au nom de la loi naturelle, que l’Église utilisait non pas pour «servir le bien des couples», mais plutôt pour renforcer son pouvoir sur les couples.»

Je croyais vraiment que l’institution, depuis notre « Révolution tranquille », avait cessé de promouvoir le nombre d’enfants qu’un couple voudrait se donner (question 15). En arrivera-t-on un jour à faire confiance à la générosité de l’amour de nos jeunes pour la famille? Nous l’avons fait et nous avons treize petits-enfants et bientôt dix arrières petits-enfants. L’amour ça s’enseigne par l’exemple et non par les mathématiques.

Les questions 16 et 17 relèvent de la façon de vivre l’Évangile. Si les valeurs de l’Évangile de Jésus sont vécues dans la famille alors Jésus y est présent. Comme on dit dans la communauté que je fréquente le dimanche, à l’appel du président  «Le Seigneur soit avec vous», nous répondons «Il est au milieu de nous».

Ce cheminement théologique m’aura permis de rafraîchir mes notions sur l’enseignement de l’Église en reprenant contact avec ce grand théologien que fut André Naud.