Je rêve d’une église joyeuse

Jean-Pierre Prévost

N.D.L.R. Voici un extrait du numéro 35, Juin 2016, du Bulletin du Réseau des Forums André-Naud. C’est un texte extrait de la section Dossiers qui traite de l’Église d’aujourd’hui.
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Je rêve d’une Église joyeuse et libre
Qui ne s’enferme dans ses propres certitudes, ses traditions et ses lois,
Mais qui se laisse emporter par le vent de l’Esprit
Et ne se lasse jamais de contempler et de proclamer
La Bonne Nouvelle du Ressuscité.

Je rêve d’une Église humble et servante,
Qui renonce aux titres pompeux d’une époque révolue
Et qui tire sa fierté d’être une communauté de frères et soeurs,
Tous et toutes disciples du Christ
Et témoins de son amour pour le monde.

Je rêve d’une Église collégiale,
Riche et heureuse de la diversité de ses communautés locales.
Je rêve d’une Église qui ose s’alléger du poids des siècles
Et faire place à toutes les ressources des communautés,
Dans une responsabilité pleinement partagée
Entre prêtres et laïcs, entre hommes et femmes,
Dans toutes les instances et tous les ministères.

Je rêve d’une Église, de notre Église,
Qui ose sortir de sa tour d’ivoire
Et dire une parole forte et sans complaisance
Pour interpeller les dirigeants et les puissants de ce monde
Sur les grands enjeux de société et sur l’avenir de notre planète.
N’aurions-nous rien à dire comme Église
À un gouvernement va-t-en-guerre
Ou à cet autre qui prône une austérité tous azimuts,
Qui affectera encore et toujours les plus vulnérables ?
Pouvons-nous rester muets
Sur les interminables conflits du Proche-Orient,
Sur les haines raciales et les croisades de terreurs qu’on mène au nom de Dieu ?
Pouvons-nous rester muets sur l’appétit insatiable des pétrolières et des multinationales
Qui s’enrichissent sur le dos des peuples en voie de développement
Et exploitent sans aucune honte les ressources de leurs pays ?

La tâche qui nous incombe est immense et vertigineuse.
Mais celle des Apôtres et des premières communautés ne l’était pas moins.
Puisse l’Esprit de Pentecôte,
Ce vent qui secoue les murs de la peur et des préjugés,
Ce feu qui réchauffe et embrase les cœurs,
Nous mener partout sur les routes du monde,
Pour semer la Parole du Ressuscité,
Parole de salut, de réconfort, de justice et de paix.

Amen.

2 réflexions sur “Je rêve d’une église joyeuse

  1. Pierre-Gervais Majeau exprime une vision très chrétienne de la prière dans la foi. J’ai beaucoup de difficulté à entendre des personnes le dimanche dans notre communauté recommander des proches aux prières. Cela ressemble trop souvent à de la pensée magique. Notre Dieu est accompagnateur de nos joies et de nos détresses. Nous ne pouvons dans la foi lui demander d’intervenir pour régler des problèmes que la médecine ou la nature verra bien à solutionner en temps et lieu. Demander la guérison miraculeuse d’une personne proche tient plus de la pensée païenne que d’une relation chrétienne avec notre Dieu. Par contre accompagner une personne malade et lui apporter le support de la prière ensemble dans son épreuve me semble répondre davantage à l’esprit de l’Évangile. Si l’inspiration de la prière ne vient pas, le Notre Père exprimera très bien notre relation entre foi et existence. J’aime bien cette phrase du texte de Pierre-Gervais « accompagner l’existence car la prière est l’exercice respiratoire de la foi ». La prière nous ouvre au monde spirituel afin d’entrer dans une relation avec ce Dieu accompagnateur de nos joies et de nos détresses. Pour ce qui est de prier pour les morts ou donner de l’argent pour des messes cela me semble aussi relever de la pensée magique. C’est comme si nous pouvions améliorer leur sort dans l’au-delà. Je pense que la vraie façon de faire vivre nos morts c’est de garder dans nos coeurs les souvenirs de leur vécu avec nous et l’espérance d’une rencontre dans la Résurrection qui verra l’achèvement de nos vies « dans la communion au Dieu vivant ».

    Merci à Pierre-Gervais pour ce texte enrichissant sur la prière.

    Robert Hotte, FAN Trois-Rivières/Nicolet

  2. Dieu interventionniste ou Dieu de liberté ?

    Bonjour Pierre-Gervais,

    Vos textes (Tu as la prière de ta foi et Le hasard ou la providence) m’ont interpellé. Il m’arrive parfois d’arrêter ma réflexion sur deux façons contradictoires d’envisager l’action de Dieu dans le monde : celle d’un Dieu interventionniste – une image qui a bien besoin d’être dépoussiérée – et celle d’un Dieu de liberté – qui s’attend des hommes qu’ils assument leurs responsabilités.

    La piété catholique et celle de maintes autres religions inventées par les hommes ont traditionnellement été façonnées sur le moule d’une forte confiance en la Providence de Dieu, sur la volonté des hommes d’infléchir les desseins de Dieu par leurs actions et leurs paroles.

    Personnellement, je ne crois pas que mes prières puissent influencer Dieu ou que je puisse marchander avec lui. Si « Dieu sait ce qui est bon pour nous », le lui demander sous-entend une foi défaillante.

    Logiquement, la prière ne devrait-elle pas en être une d’adoration et de désintéressement ? La prière d’intercession ou de demande n’aurait-elle pas davantage un rôle de mobilisation de ses propres ressources profondes pour mieux atteindre ses objectifs personnels ? En ce sens, l’énoncé « Seigneur, écoute-nous, Seigneur, exauce-nous » de la Prière universelle ne devrait-il pas être reformulé en « Seigneur éclaire-nous, Seigneur, inspire-nous » ?

    Merci et bonne journée.

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