La religion : rempart contre la radicalisation ?

http://media.urtikan.net/wp-content/uploads/2014/11/141119-radicalisation-islam-deligne.jpgDans un rapport très étoffé sur la radicalisation en milieu collégial, la docteure Cécile Rousseau, pédopsychiatre et directrice scientifique du groupe Sherpa fait le constat, étonnant pour certains, que l’adhésion à une religion constitue une forme de protection contre la radicalisation. Commentant les résultats de la recherche, Cécile Rousseau a déclaré à La Presse que « les gens qui disent n’avoir aucune religion soutiennent plus la radicalisation violente que ceux qui se réclament du christianisme ou de l’islam ». Commandée par la Fédération des cégeps, le rapport de recherche fait un certain nombre constats et formule des recommandations.

Ainsi, le groupe de recherche constate que ce ne sont pas les migrants de première génération qui sont les plus vulnérables à la radicalisation, mais les Québécois eux-mêmes et les migrants de deuxième génération. Par ailleurs, « le soutien à la radicalisation violente extrême demeure très faible » bien que « des propos racistes et haineux sont assez fréquemment rapportés ». Ceux qui sont susceptibles d’apporter le plus de soutien à la radicalisation violente sont :

  • Les jeunes de moins de 25 ans.
  • Les personnes qui ne se réclamant pas d’une religion.
  • Les étudiants originaires du Québec.
  • Les migrants de deuxième génération.

Des facteurs personnels combinés peuvent favoriser la radicalisation extrême, notamment :

  • La discrimination perçue.
  • Une dépression nerveuse.
  • Des expériences personnelles ou familiales passées de violence.

Cependant des facteurs personnels peuvent atténuer la radicalisation extrême, notamment, un fort sentiment d’appartenance à un groupe lorsqu’il n’y a pas eu d’expérience de violence personnelle ou familiale.

Le rapport fait cinq recommandations portant sur la prévention :

  1. Développer des programmes favorisant l’inclusion et comportant un milieu relationnel qui soutient la personne
  2. Promouvoir un environnement scolaire sans  discrimination, notamment en étendant les programmes favorisant les relations interculturelles
  3. Tout en tenant compte de la neutralité religieuse des institutions, « l’expression religieuse et la spiritualité devraient être soutenues par des programmes de prévention. »
  4. Favoriser l’expression identitaire en « mettant l’accent sur des identités plurielles plutôt que sur une identité unique. »
  5. Assurer une concertation avec les médias

Le rapport formule aussi des recommandations pour la formation, l’intervention et la recherche. L’étude est une enquête en ligne réalisée dans 8 cégeps du Québec, Jonquière, André-Laurendeau, Maisonneuve, Montmorency, Rosemont, Sainte-Foy, Saint-Laurent et Vanier, à laquelle ont répondu, en tout ou en partie, 1894 étudiants.

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