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L’Église et l’homosexualité :
« Trop c’est trop »

 lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres.(N.D.L.R.) En 2006, le Forum André-Naud a rendu public sa position sur l’Église et l’homosexualité. À la lumière d’interventions récentes de l’épiscopat et compte tenu de la vitesse avec laquelle la pensée de l’Église évolue sur ce sujet il semble pertinent de rappeler cette opinion maintenant vieille de 12 ans.

Des membres du Forum André-Naud et d’autres prêtres décrivent leur réaction de perplexité et de désaccord devant deux récents documents de l’Église sur les personnes d’orientation homosexuelle.

Deux interventions ecclésiales récentes ont porté sur les personnes d’orientation homosexuelle : l’une concernait le mariage civil des conjoints de même sexe ici au Canada, l’autre traitait de l’accès à la prêtrise et venait du Vatican. Dans le premier cas, il s’agissait du mémoire de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) auprès du Comité législatif chargé du projet de loi C-38; l’autre document émanait de la Congrégation pour l’éducation catholique à Rome. Dans les deux cas, l’attitude globale qu’on y manifestait ainsi que l’argumentation qui y était déployée soulèvent chez nous – comme chez bien d’autres – perplexité et désaccord.

Perplexes devant l’attitude négative

Le concile Vatican II a mis en lumière une donnée fondamentale : l’Église aime le monde. Elle l’accueille avec ses richesses et ses misères. Elle se montre disposée à l’accompagner dans sa marche. Elle souhaite et désire contribuer à la vie des sociétés qui en font partie, et elle s’attend également à s’enrichir à leur contact.

Dans la présentation du mémoire au Comité législatif sur le mariage gai, quelle différence d’attitude! Vous semblez donner un cours de droit et d’anthropologie à nos représentants politiques. Vous dénoncez le piètre état du mariage au pays et vous annoncez une dégradation encore plus grande si le projet C-38 devenait loi. Vous nous faites malheureusement penser à ces « prophètes de malheur » évoqués jadis par Jean XXlll à l’ouverture du concile.
Comme on se sent loin de la Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps! On pouvait y lire: « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps ( … ) sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur.»

Quant à la compassion qui imprégnait toute la démarche de Jésus sur terre, y a-t- il là quelque trace ? Pas un paragraphe, pas une phrase dans votre mémoire qui prenne en compte la discrimination historique exercée à l’endroit des personnes homosexuelles, et la tragédie de leur exclusion sociale ou ecclésiale ressentie profondément par un grand nombre d’entre elles.

C’est pourtant dans cette souffrance humaine que s’enracine toute la quête de reconnaissance sociale du mouvement gai dans ses multiples expressions. N’y a-t-il pas là de quoi être perplexes ? C’est la même attitude qui se retrouve dans l’Instruction de la Congrégation romaine à propos de l’admissibilité aux ordres sacrés des homosexuels. Pourtant, Thimothy Radcliffe, l’ancien Maître des Dominicains, affirmait récemment à propos de ce document, selon ce que rapporte The Tablet (27 novembre 2005) : « Je n’ai aucun doute que Dieu appelle des homosexuels au sacrement de l’Ordre; et il s’en trouve que je range parmi les prêtres les plus engagés et les plus impressionnants que j’aie connus. Et nous pouvons présumer que Dieu continuera d’appeler des homosexuels autant que des hétérosexuels à la prêtrise parce que l’Église a besoin des qualités des deux. »

Il en conclut : « Nous devrions nous montrer plus soucieux de ceux que nos séminaristes pourraient être enclins à détester plutôt que de ceux qu’ils aiment. Le racisme, la misogynie et l’homophobie sont autant de signes qu’une personne pourrait ne pas être un bon modèle du Christ. »

En désaccord avec l’argumentation

Toute l’argumentation sous-jacente à ces textes ne nous convainc pas. On y parle de «loi naturelle» comme s’il s’agissait d’une donnée aussi immuable qu’évidente. Pour notre part, nous considérons que l’être humain n’a jamais fini de chercher et de découvrir sa « vraie » nature. Il n’y a de saisie de la condition humaine que par le biais d’une culture précise qui ne cesse d’évoluer dans le temps. Ainsi ce qui était « naturel » dans une civilisation et à une époque passées peut apparaître inacceptable maintenant. Bien sûr, il s’agit d’une évolution qui s’échelonne sur beaucoup de temps, et il faut en parler en termes de siècles plutôt que d’années. Prenons un exemple : l’esclavage a perduré comme naturel, même dans l’Église, pendant des siècles, alors qu’il nous apparaît aujourd’hui « contre nature ».

La responsabilité de la recherche et de la définition de la loi naturelle incombe à tout le monde puisqu’il s’agit de la condition commune à l’humanité. L’Église peut puiser à des sources d’inspiration de grande valeur, dont certaines lui sont propres. Mais elle est solidaire de toute l’humanité et fait partie de ce monde. Se pourrait-il qu’elle détienne seule toutes les clés qui ouvrent les portes de l’aventure humaine authentique? Aurait-elle nécessairement le dernier mot sur les mystères de la vie politique, sociale, familiale, sexuelle? Est-ce qu’elle détiendrait «toute la vérité» sur l’être humain? L’histoire et le sens commun démontrent le contraire. En ces matières, l’enseignement officiel de l’Église s’est plus d’une fois avéré erroné.

Nous souhaitons qu’en ce domaine l’Église tout entière se considère partie prenante de l’aventure humaine. Qu’elle soit elle-même, avec ses richesses propres et ses limites, sans complexe mais sans prétention indue face à « la » vérité. Qu’elle soit solidaire et confiante ! Il nous semble que c’est dans cet état d’esprit et dans ces dispositions de cœur que Jean XXIII et le concile Vatican II invitaient le Peuple de Dieu à s’ouvrir aux« signes des temps ».

Tout le monde est concerné

Pourquoi empruntons-nous la voie de l’opinion publique ?

Premièrement, nous voulons dire à haute voix aux nombreux chrétiens et chrétiennes du pays qui refusent l’approche et le langage des autorités ecclésiales: « Vous n’êtes pas moins chrétiens pour autant ! » Selon nous, l’essentiel de la foi chrétienne ne se trouve pas en cause dans ce débat. Votre dissidence ne fait pas de vous des excommuniés. Puissiez-vous ne pas vous exclure vous-mêmes !

Deuxièmement, nous souhaitons un dialogue d’Église sur toutes les questions concernant l’homosexualité. Ce dialogue n’est malheureusement pas pratique courante au sein de nos Églises, surtout lorsqu’on pressent des divergences de vues. Et principalement quand Rome s’est déjà exprimé sur le sujet. Nous souhaitons que des chrétiens se mettent à l’écoute de l’expérience de vie de leurs frères et soeurs homosexuels. Que ce soit dans les communautés locales comme au sein des instances de consultation plus larges, avec leurs évêques. Nous espérons que nos évêques se parlent entre eux là-dessus et ouvrent le débat dans leurs Églises respectives. Nous espérons aussi que des théologiens et des théologiennes soient mis à contribution dans ces échanges. Rencontres formelles ou informelles, annoncées ou discrètes, larges ou restreintes: cela importe peu. Le plus important, c’est que soit suscité un débat libre, une prise de parole ouverte et authentique.

Quant à nous, nous avons pris le temps de nous rencontrer avec des témoins de la réalité homosexuelle dans l’Église et nous avons décidé de rendre publique cette première réaction. Le Forum André-Naud s’étend déjà et nos sujets d’intervention s’allongent. Nous crions publiquement notre désir de réaliser le grand projet d’évangélisation que fut le concile Vatican Il. Nous ne voulons surtout pas revenir au XIXe siècle : l’ultramontanisme a fait son temps ! La dissidence responsable est possible en Église. Nous voulons user de ce droit, car nous aimons l’Église du Christ et nous espérons en la réalisation de sa mission dans le monde de ce temps.

Le 6 février 2006

Les prêtres signataires de la lettre et leur diocèse :

André Anctil, José V. Arruda, Jean-Pierre Langlois, Claude Lefebvre, Claude Lussier (Montréal)
Éric Généreux, Raymond Gravel, Bernard Houle, Pierre-Gervais Majeau, Guylain Prince, Claude Ritchie (Joliette)
Jean-Yves Cédilot, Jocelyn Jobin, Alain Léonard, Lucien Lemieux (St-Jean- Longueuil)
Benoit Fortin, Michel Lacroix, Claude St-Laurent (Gatineau)
Jacques Pelletier (Gaspé).

5 ans de pontificat pour François : le bilan du RFAN

Le Réseau des Forums André-Naud aborde le pontificat de François selon deux perspectives : l’approche pastorale et la vie institutionnelle. Le Pape a été particulièrement efficace en gestes autant qu’en discours par son approche pastorale ouverte. Il a été sensible aux plus démunis et aux laissés pour contre. Il a été ferme sur la question des migrants. Sa position sur l’environnement lors de la publication de Laudato Si a été saluée unanimement. Ses interventions sur l’économie sont pertinentes. Enfin, il a posé des gestes concrets en faveur de l’Œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Son bilan sur la scène institutionnelle est plus en demi-teintes. Le statut de la femme et le sort réservé aux homosexuels n’a pas changé. La gestion de la question des agressions sur les enfants manque souvent de transparence. Sur l’annulation des mariages, François aurait pu aller plus loin. Par contre, les réformes administratives au Vatican semblent porter fruit.

L’approche pastorale

L’approche pastorale du pape est très positive, notamment dans les médias. François a été particulièrement efficace avec sa proposition d’un évangile radical. Il s’approche spirituellement et physiquement tant des petits que des grands, des souffrants ou des mal-aimées. Il touche, prend dans ses bras tous ceux qui l’approchent. Il recherche la proximité des gens simples.

Il affiche une liberté de ton dans ses commentaires sur l’actualité. Il est un homme de paix : il dénonce les guerres et ses horreurs. Il est simple. Il témoigne d’un réel engagement auprès des pauvres en paroles et en actions.

Il revendique une économie éthique. Une économie au service de l’être humain. Dans Evangelii gaudium, il dit : « Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. », pavant ainsi la voie vers un monde meilleur.

Il est allé à la rencontre des migrants et des réfugiés. Il réprouve l’intolérance et il dénonce la pauvreté des moyens mis en œuvre pour soutenir leurs conditions de vie.

Dans son encyclique Laudato Si’, il est question de la dégradation de l’environnement qui ne peut que mener à la dégradation de la vie humaine et sociale. Il demande au monde entier de prendre soin de cette Mère Terre que Dieu nous a confiée. Nous devons changer notre manière de penser l’environnement mais surtout notre manière de vivre. Cette encyclique a été reçue avec surprise et accueillie très positivement par ceux et celles qui ont le souci de l’environnement, qu’ils soient croyantes, croyants ou non.

L’œcuménisme et le dialogue interreligieux de François sont salués. Un évêque a dit un jour : « La religion est une manière culturelle de dire sa foi ». La position de François va dans ce sens et c’est bien. Le Pape s’est rendu en Suède pour commémorer le 500e anniversaire de la Réforme avec l’Église luthérienne. Il s’est rendu en Égypte pour renouer le dialogue avec l’Islam.

La vie institutionnelle

Les réformes administratives et financières du Vatican sont saluées et appréciées. Les mesures prises pour arrêter le blanchiment d’argent du crime organisé vont dans le sens de la justice et de l’honnêteté.

Le Synode sur la famille de 2014 a mis en évidence les forces rétrogrades qui agissent à l’intérieur de l’Église et qui bloquent les changements qu’un Pape pourrait souhaiter apporter sur un grand nombre de questions éthiques. L’approche de l’église institutionnelle entrave des changements profonds plus compatibles avec l’Évangile, des changements que souhaitent aussi de nombreuses chrétiennes et chrétiens.

Ainsi, l’Église continue à ne pas vraiment faire une place aux femmes dans son Église. Pourtant, bien des femmes ont une « approche pastorale » souvent meilleure que celle des prêtres. Certaines femmes auraient aimé être prêtres et elles auraient été très efficaces. La complémentarité hommes-femmes ne peut se manifester si la femme n’a pas la même place, la même importance que l’homme dans l’Église. La femme n’est plus au service de l’homme. François a dit : « Il est nécessaire que la voix de la femme ait un poids réel, une autorité reconnue dans la société et dans l’Église ». Malgré ces bons mots, il y a quelque chose qui ne va pas ! Le réseau des Forums André-Naud estime que le pape devrait faire preuve de plus d’audace dans la promotion d’une réelle égalité « hommes femmes » dans l’Église qui éliminerait toute discrimination envers la femme !

François a hérité d’une situation, les agressions sexuelles, qui mine la crédibilité de l’Église depuis plus de trente ans. Mais, le pape ne semble allez assez loin dans la protection des enfants face aux prêtres pédophiles. On ignore ce qu’il est advenu des prêtres qui ont déjà abusé des enfants. Ces abuseurs sont des criminels et ils devraient être jugés comme tels.

Les homosexuelles et les homosexuels souffrent de ne pas être acceptés inconditionnellement. Elles, ils n’ont pas voulu cette orientation sexuelle mais doivent la vivre. Or, l’Église se cantonne à la lettre de son catéchisme. Rien n’a changé. Pourtant, les homosexuelles et les homosexuels ont le droit, eux aussi, au bonheur partagé malgré leur différence !

La simplification des procédures concernant la déclaration de nullité du mariage est positive. Le mariage doit être vécu « pour le meilleur et pour le pire (chômage, maladie etc.) ». Le meilleur doit être vécu ensemble et le pire aussi doit être vécu ensemble. Mais quand le pire est l’autre, quand il n’y a plus de meilleur, le mariage n’a plus à être valide. Il y a des personnes qui sont emprisonnées dans une relation souffrante. Or le mariage ne doit pas être une prison. L’Église devrait aller plus loin dans cette réflexion et dans la simplification des procédures quand rien ne va plus.

La pastorale « médiatique » de François est très positive. Il est un bon pasteur. Par contre, les changements institutionnels suscitent certaine déception mais l’attitude de François nourrit l’espoir, qu’avec le temps, l’Église corrige ses visions. François ne changera par toutes les règles. Il manque de temps. Cependant, la réflexion doit continuer. Le Pape n’est pas, à lui seul, l’Église. Nous sommes des millions et nous ne pensons pas tous la même chose. François lui-même tente de mettre en valeur cette diversité d’opinions en demandant aux évêques de réfléchir à partir des situations concrètes des familles, chacun dans son milieu culturel.

Dans le journal La Croix de Mars 2017, Éric-Emmanuel Schmitt écrivait de François :

« Par la lumière spirituelle qu’il dégage, il incarne les idéaux de Jésus, tourné vers les autres, attentif, compassionnel, dénonçant les fausses valeurs, la puissance, l’égoïsme, l’argent roi, le profit forcené aux dépens de la Terre et des hommes, la gloutonnerie capitalistique. D’un côté, il réprouve la pauvreté provoquée comme un scandale; de l’autre, il revendique la pauvreté comme une vertu, le goût du dénuement et du retour à l’essentiel. »

Le réseau des Forums André Naud partage cette opinion.

Le Forum n° 37, février 2017

Liminaire

«  Le fondement œcuménique de toutes les Églises chrétiennes est la profession de foi biblique : Jésus en tant que Christ est la norme suprême (der Massgebende) pour les rapports de l’homme avec Dieu et avec ses semblables. Cette profession de foi demande à être retraduite en fonction de chaque époque.  » C’est en 1979 que Hans Küng écrivait cette phrase dans son livre Vingt propositions de Être chrétien (p. 63). Une phrase motivante et décapante qui, selon moi, invite chrétiennes et chrétiens à s’interroger  : est-ce que ma communauté et moi sommes au service de l’Homme ? Mes options favorisent-elles la solidarité avec les êtres humains ?

François, l’évêque de Rome, a commencé à répondre à ces questions de diverses façons, autant par ses tendres gestes d’ouverture que par ses paroles audacieuses et ses choix. Évidemment qu’aussitôt des index égratignés et scandalisés se sont pointés vers lui pour le dénoncer et, d’une certaine façon, le crucifier. Il n’est pas le premier que les tenants du Droit, de la Morale et de la Loi défigurent de la sorte.

Première section : L’actualité nous démontre trop souvent des situations cruelles qui écrasent entre autres les plus fragiles, les enfants ; le premier texte de la section 1 trace un rapprochement entre l’Enfant de la crèche et ceux de Alep aujourd’hui. Elle nous permet de nous apercevoir aussi que la modernité des institutions n’est pas synonyme de bonheur, de continuité et d’assurance car devant l’ignorance humaine nous sommes égaux, écrit Maurice Boutin, l’auteur de Institution et spontanéité. Yves Carrier affirme avec son expérience au CAPMO que présentement «  se projeter dans l’avenir peut être assez laborieux… Maintenant il faut appréhender le monde dans sa globalité… il faut savoir s’arrêter un moment pour le contempler dans toute sa complexité… Penser en termes de complémentarité…  » L’histoire du tablier de grand-maman (auteur inconnu) vient nous rappeler l’importance de cette complémentarité et de se faire inoculer par l’Amour.

Seconde section : Dans la seconde section de notre Bulletin 37, Romain Mazenod nous apporte des questions et des réponses à la réalité Fraternité  : est-elle une option, demande-t-elle du temps, quel sens lui donner ? Et Maurice Bellet affirme que ce dont elle témoigne doit apparaître en nous comme l’avenir de l’Homme et non notre passé. Jean-Pierre Langlois (Pedro du FAN de Montréal interpellé par Tamanrasset et Charles de Foucault) évoque le Tamanrasset d’aujourd’hui et la Présence amoureuse toujours vivante  : la même présence renouvelée. Fidélité et renouvellement : deux attraits différents ! Des termes quotidiens depuis quelque temps. Gauche-droite ! ou Droite-gauche ? Maurice Boutin (FAN de Montréal) parle d’une nécessité double. Allons y voir! Cette seconde section se termine par un texte de Hans Küng résumant dans un petit bouquin (Vingt propositions de Être chrétien) son « gros » volume intitulé Être chrétien. Quelle densité et quelle clarté !

Troisième section - spiritualité  : Dans cette section : un texte de Jacques Grand’Maison décédé récemment (un homme grand, un penseur extraordinaire, un pasteur à l’écoute) ; un autre de Charlie Chaplin (Le jour où je me suis aimé); et un dernier de Maurice Zundel (Expérience de la mort).

Quatrième section - vie du réseau : En novembre dernier, les membres du Réseau des Forums André-Naud ont célébré le 10e anniversaire de leur regroupement fondé par Claude Lefebvre et quelques prêtres de diocèses différents. L’assemblée générale a permis à Lucien Lemieux, un des signataires du texte de fondation du FAN en 2006, de faire un historique des dix ans de notre mouvement. Le projet d’un travail en commun des forums et membres du RFAN a été voté. Et le projet de procès-verbal de cette assemblée générale est inséré dans cette section du Bulletin 37. Guy Durand, membre du FAN de St-Jean/Longueuil, théologien, juriste, prof émérite de l’Université de Montréal et membre honoraire de la Fac de médecine, vient de publier un livre intitulé Israël et Palestine. Cette dernière section se termine par une question : qu’avons-nous fait comme membres de notre Manifeste adopté en octobre 2012 ?

Des commentaires plutôt positifs sur notre Bulletin : ·

  • Merci et bravo à l’équipe qui fait un magnifique travail. (R. Hébert, Montréal) ·
  • Ce sera un plaisir « renouvelé » de reprendre contact avec le Bulletin du RFAN. M. Vézina (abonnée de Montréal) ·
  • J’apprécie et lis avec beaucoup d’intérêt les Bulletin, je le fais connaître à l’occasion. (J. Talbot, abonnée de Montréal) ·
  • Bien sûr que je vais me réabonner. (M-N Lefevre, abonnée de Montréal)

Au sommaire

SECTION 1 : ACTUALITÉS

  • L’enfant de Alep par François Côté, p. 6
  • Institution et spontanéité par Maurice Boutin, p. 7
  • Avenir par Yves Carrier, p. 9
  • Histoire du tablier de grand-maman auteur inconnu, p. 10

SECTION 2 : DOSSIERS

  • La fraternité, un idéal par Romain Mazenod, p. 12
  • Le déplacement de la religion par Maurice Bellet, p. 17
  • Le mystère d’une présence amoureuse par Jean-Pierre Langlois, p. 21
  • Tamanrasset aujourd’hui par Jean-Pierre Langlois, p. 24
  • Vingt propositions de être chrétien par Hans Küng, p. 26
  • Nécessité double par Maurice Boutin, p. 28

SECTION 3 : SPIRITUALITÉ

  • Des béatitudes modernes par Jacques Grand’ Maison, p. 30
  • Le jour où je me suis aimé pour de vrai par Charlie Chaplin, p. 31
  • Expérience de la mort par Père Maurice Zundel, p. 32

SECTION 4 : VIE DU RÉSEAU

  • Historique du RFAN par Lucien Lemieux, p. 35
  • Projet de procès-verbal de l’A.G. 2016 par André Gadbois, p. 39
  • Manifeste du RFAN par Membres du FAN, p. 42
  • Livre de Guy Durand par André Gadbois, p. 44
  • Inscription et contributions financières, p. 45 et 47

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Le Forum n° 36, octobre 2016

Liminaire

Je suis essoufflé, je suis un peu à court de souffle, j’ai besoin que l’air de mon être se renouvelle. Alors je médite et met en pratique les invitations du moine Mathieu Ricard dans le livre Trois amis en quête de sagesse : «  Pratiquer la méditation, ce n’est pas s’extraire de ce monde, mais apprendre à cohabiter, à être en paix au milieu de ces grincements.  »1 N’était-ce pas la pratique de Jésus de Nazareth que toute activité humaine intéres¬sait, attirait et mobilisait? Sa méditation avait pour but de le garder engagé dans la réalité humaine même quand elle grinçait. Car Jésus était un résistant capable de désobéir à un gouvernement qui triche et d’obéir au lac qui nourrit; il nous apprend à désobéir à nos peurs !

Ce Bulletin 36 s’ouvre par un article audacieux du Journal La Croix : ce texte de Nicolas Senèze nous décrit l’audace et le courage du pape François dans le chantier qu’il a lui-même ouvert afin de permettre à l’Amour de respirer librement. Le texte qui suit est rempli d’humour et de tendresse; je l’ai reçu d’une amie lyonnaise de 85 ans nommée Janine et qui habite (époux décédé ici) le Québec depuis l’Expo 67. Ce texte fait réfléchir sur la sagesse des petits dans la société des grands : une sagesse empreinte de liberté et… d’audace.

Stephene Hessel, auteur du fameux texte Indignez-vous paru en 2010, nous invite dans un court article à refuser l’inacceptable, à inventer l’inconnu et à découvrir le potentiel, autant celui des aînés que celui des plus jeunes. « Désobéir aux couleurs qui séparent, aux frontières qui morcellent » comme l’écrivent Joséphine Bacon et Laure Morali dans la revue Relations d’avril 2016 (page 21).

La méditation est un outil capable de nous conserver dans le Monde et ses grincements ; quant au rêve, il nous ouvre, nous donne le goût de pénétrer dans un autre monde possible, de sourire et de nous lier à d’autres possibilités. Jésus était un rêveur et laissait son Père nourrir ses rêves; il a fait mentir les tendances à la mode. Il a osé dire à ses disciples découragés devant une foule affamée: « Nourrissez-les vous-mêmes ! » Euh ! Ce quatrième texte, Oui j’ai rêvé, de la première section du Bulletin 36 se marie bien avec le précédent. Et le dernier texte de cette section nous rappelle, grâce à Christine Pedotti, que notre pape est chrétien malgré son éloignement de certains énoncés de la doctrine péniblement construite au cours des siècles.

Seconde section : la suite de certains dossiers déjà ouverts au RFAN. Les membres du FAN de Montréal ont longuement réfléchi avec deux médecins québécois sur le contenu du projet de loi 52 (Mourir dans la dignité) et ont produit un document qui fut affiché sur le site de la commission parlementaire : le projet est devenu loi. Guy Durand, théologien et juriste, membre du FAN de St-Jean/Longueuil, pose quelques questions intéressantes à la position des membres du FAN de Montréal. Puis Pierre de Locht nous interroge toutes et tous : existe-t-il une morale chrétienne? Marcelo Barros, moine bénédictin, théologien et bibliste, nous propose de réfléchir avec lui : l’important n’est pas de savoir si le pape adhère à la théologie de la libération mais de reconnaître qu’il est sensible aux questions que cette théologie signale et dénonce. Merci à Denis Normandeau (FAN de St-Jérôme) de nous avoir acheminé quelques-uns de ces textes. Le dernier texte de cette section cherche à proclamer que la vraie joie, celle qui dure et qui est plus grande que le plaisir, naît souvent dans le cœur de celle et de celui qui donne sa vie pour contribuer à l’humanisation de sa société.

Dans la troisième section de notre Bulletin 36 intitulée Spiritualité, Alberto Maggi nous rappelle que les paroles et les gestes de Jésus dans ce que nous appelons l’eucharistie visent à dire à ses disciples que c’est eux (donc nous) qui doivent être le pain qui nourrit. R. Tireau écrit que le Sermon sur la montagne s’adresse à toutes et tous, croyants ou pas et qu’il nous invite à être sans cesse questionnés par l’interrogation infinie. Et Pierre Talec nous offre un Notre Père de la paix. Cette troisième section se termine par un magnifique document de Sylvie Bessette intitulé « Spiritualité amérindienne ».

Notre Bulletin se termine par des textes portant sur la vie de notre Réseau. La dernière assemblée générale du RFAN tenue à la Maison de la Madone le 12 octobre a été longuement préparée dans les forums locaux par des questions que se posent présentement de nombreuses organisations comme la nôtre. Parmi les documents que nous avons utilisés, le texte de Yves Carrier de l’organisme québécois le CAPMO a contribué à notre réflexion. Les membres du FAN de Montréal ont fortement réagi au projet de leur évêque, Mgr Lépine, qui a « mis ses prêtres sous surveillance » afin de contrer la pédophilie. La lettre envoyée à Mgr Lépine et au nonce apostolique est inté-grée à cette dernière section. Enfin le juriste et théologien Guy Durand du FAN de St-Jean/Longueuil pose dans son texte de pertinentes questions pour repenser la liturgie dans notre Église.

Au nom de l’équipe nationale (conseil d’administration) du RFAN, je tiens à remercier grandement Joël Lamantia, responsable de la publication et de la mise en page, pour l’excellent travail qu’il accomplit dans l’équipe de notre Bulletin qui fête ses dix ans. Hélène Bournival et Claude Lefebvre en furent les premiers artisans. Bravo et merci aussi à tous ceux et celles qui nous encouragent à poursuivre.

Lors de la dernière assemblée générale du Réseau des Forums André-Naud dont le thème était « Quel avenir pour les FAN et le RFAN? » et dont nous reparlerons, sous la photo de André Naud (1925-2002) s’offrait cette prière :

« Seigneur, donnez-moi de respecter votre mystère, ceux pour qui j’écris, ceux que je suis obligé de critiquer, aidez-moi enfin à me respecter moi-même. »
(prière affichée sur sa table de travail)

Notes et références

[1] Trois amis en quête de sagesse, C. André, Alexandre Jollien, Mathieu Ricard, Allary Éditions 2016.

Au sommaire

SECTION 1 : ACTUALITÉS

  • Au feu de la pratique du Journal La Croix, p. 6
  • Il était une fois par auteur inconnu, p. 7
  • Refuser l’inacceptable par Stéphane Hessel, p. 8
  • Oui, j’ai rêvé ! par André Gadbois, p. 10
  • Le pape est chrétien ! par Christine Pedotti, p.12

SECTION 2 : DOSSIERS

  • Euthanasie par Guy Durand, p. 14
  • Existe-t-­il une morale chrétienne ? par Pierre de Locht, p. 15
  • Théologie de la libération par Marcelo Barros, p. 23
  • La foi au-delà de la foi par Père Henri Boulad, p. 27
  • Joie et Béatitudes par André Gadbois, p. 30

SECTION 3 : SPIRITUALITÉ

  • L’eucharistie selon l’Évangile par Alberto Maggi, p. 32
  • Ces liens mystérieux de la vie et de la mort par R. Tireau, p. 35
  • Notre Père de la Paix par Pierre Talec, p. 36
  • La spiritualité amérindienne par Sylvie Bessette, p. 37

SECTION 4 : VIE DU RÉSEAU

  • Sous surveillance par Membres du FAN de Montréal, p. 52
  • Avenir par Yves Carrier du CAPMO, p. 53
  • Liturgie à repenser par Guy Durand, p. 54
  • Inscription et contributions financières, p. 61 et 63

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